"L'avantage de la radio sur le cinéma, c'est qu'à la radio l'écran est plus large." Orson WELLES. _________<<<——<< média tout culturel poético-philosophique >>——>>>_________
Si comme nous vous suivez Richard avec allégresse, vous savez bien sûr que son premier recueil de nouvelles, « Kalache », vient de paraître. Par contre vous ignorez peut-être que l’on peut le trouver sur Amazon, ou encore que l’auteur sera présent au salon du livre de Bruxelles pour le dernier week-end du mois en cours et même un peu plus en amont (du 21 au 25 février 2018).
Mais à l’honneur, ce sont bien les éditions BLACK-OUT qui publient ce livre, ce bel objet, valeur refuge, et le géant de la distribution nommé ci-dessus n’est qu’un distributeur.
L’accroche et le travail de Black-Out :
NOUVELLES NOIRES
Kalache – Richard Palachak, Simon Woolf
Le premier recueil de nouvelles de Richard Palachak vient de paraître aux éditions Black-out, de la littérature noire pure souche, cynique, désabusée, violente, bourrée d’humour noir, et parfois si belle… Le tout ponctué de poèmes :
Crépuscule halluciné
Je sors de mon corps
Et m’évapore
Chaque nuit
Dans le charbon de mon âme constellée
A la recherche de ton astre en ballade
Et je rêve que tu me prends par la main
Et que tu m’entraînes
Du côté du Krasnaïa Plochtchad*
Où nous dansons
Où nous nous aimons
Où nous existons
Enfin
Mon frère d’oubliance
Tu sais très bien que l’onirisme se meurt
Déjà
Et que le cauchemar du jour recommence
Car tu n’es pas là.
* Krasnaïa Plochtchad : Place Rouge en russe, graphie latinisée
Nous avons laissé notre auteur / éditeurRichard Palachak il y a peu… L’actualité s’amplifie pour lui, nous en reparlons.
C’était d’ailleurs à propos de ses collaborations amies, alors reprenons là où nous nous étions arrêtés :
Dàrio : à l’instar du photographe Simon Woolf, peux-tu me parler de Charles Krug ?
Richard Palachak : tu as mis le doigt sur deux artistes qui me sont chers. D’abord parce qu’ils débordent de talent, ensuite parce que ce sont des personnes d’une générosité et d’une bienveillance extraordinaires, de véritables amis en somme. Simon Woolf est un artiste photographe professionnel originaire de Strasbourg qui possède un style unique, un univers fascinant et quasi-onirique, qui transmue la réalité en « peinture ». Je suis fier qu’il ait accepté de m’accompagner dans mon aventure littéraire, tout d’abord en illustrant ma chroniques « fragments de nuit, inutiles et mal écrits » sur le site de la maison d’édition Blackout, ensuite en illustrant les œuvres (recueils de nouvelles et romans) qui vont être publiés chez Blackout. Puis il y a Charles Krug, un pianiste à la fois génial et fou (dans le bon sens du terme), formé à l’école russe par un mentor d’exception et au conservatoire. Après toute une vie consacrée à l’étude des plus grands compositeurs, Charles s’est exilé quelques temps au Canada pour créer une œuvre complète formidable, utilisée notamment dans un cadre audio-visuel, pour les besoins du cinéma et de la télévision. Reconnu de ses pairs et des amateurs de musique classique, il se consacre aujourd’hui essentiellement à la transmission de son savoir et (car je le sais) à la recherche de celui ou de celle qui sera digne de recevoir ses enseignements de « maître Jedi »… (rires). J’ai beaucoup de chance de l’avoir comme ami et nous nous vouons une admiration réciproque. Il a bien évidemment participé à une série d’articles qui lui ont été consacrés sur Rich and Co Editions.
Richard Palachak : Une chouette vidéo, réalisée grâce à mes amis Artistes qui ont collaboré au projet Rich and Co. Vidéo à regarder jusqu’au bout (surprise) et avec du bon son. Si je vous l envoie, c est que je crois en votre sensibilité artistique. Grobi. Rich (n hésitez pas à partager)
Richard est originaire de Slovaquie et a atterri à Vesoul. Il est écrivain. Voici un entretien de celui dont le parcours a débuté comme poète édité dans sa jeunesse au niveau régional, puis au niveau national en tant qu’auteur de nouvelles et de romans aux éditions Black-out. Aujourd’hui, il publie également des ballades artistiques sur son webzine culturel Rich and Co Editions, où il se consacre entièrement à la mise en lumière d’autres artistes, venus de France ou d’Europe, en collaboration avec eux, dans des univers aussi variés que la peinture, la sculpture, la photographie, la littérature, le tatouage, les arts urbains et alternatifs, etc…
Dàrio : à quel âge as-tu commencé à lire sérieusement? Peut-on parler de capital culturel (familial)?
Richard Palachak : je m’en souviens précisément. J’avais à peine 13 ans. Le déclic, ç’a été lors de vacances en Bretagne avec le père (J.) d’un ami (B.), et toute une ribambelle d’enfants. C’était un personnage très charismatique, un papa freudien, avec la stature patriarcale, le gros ventre et la barbe blanche… Il m’a confié le recueil de nouvelles « Deux amis et autres contes » de Maupassant et j’ai vécu une sorte de révélation… Pour le capital culturel je ne sais pas, la question mériterait une thèse…
Dàrio : quand as-tu commencé à écrire ? De la poésie d’abord ? Et peux-tu me décrire tes débuts en tant qu’édité ?
Richard Palachak : ainsi me raconter comment en être venu à éditer ? Au collège, comme je suis arrivé tardivement en France, j’étais une bille en français. Mais bizarrement en poésie, j’obtenais toujours la meilleure note, au grand désespoir des premiers de la classe. Quant à l’édition, c’est une histoire de rencontre humaine je crois. La relation éditeur/écrivain a quelque chose de passionnel et de réciproque. Il y a une alchimie qui se crée et qui est inexplicable. Sinon, je ne suis pas un éditeur proprement dit.
La Plate-forme interculturelle Rich&Co Editions porte le nom d’édition pour se différencier des blogs d’Art et de Littérature. Notre contenu est exclusif et collaboratif. On crée des articles qui sont quelque part des œuvres à part entière, co-construites avec les artistes que l’on publie de manière exclusive et originale. C’est en cela que l’on peut se permettre de s’appeler Editions.
Dàrio : quel est ton top dix, cinq ou trois de livres ?
« Un mélange d’avancement trop rapide et de passé immuable, où les buildings côtoient des vestiges médiévaux et le gigantisme soviétique des quatre voies en lacets bouclés. Puis des blocs administratifs d’entreprises du monde entier, le château et son Stare Mesto pittoresque, un océan d’immeubles déglingués à perte de vue, le beau Danube bleu qui vire au marron sous la pollution des picaillons européens, des centres commerciaux féroces et titanesques, des usines de tout et de rien et surtout de partout, des zones d’activité cyniques et démesurées, les fameux trams et trolleys rouges plus explosifs et plus forcenés que jamais, les bagnoles toujours plus fumeuses et les antennes relais toujours plus populeuses, et les éoliennes vertigineuses qui poussent sur le terreau moisi la piétaille empressée, du bordel et du bruit, des odeurs acres et des visions stroboscopiques, autrement dit le futurisme malhonnête et la nostalgie artificieuse, le tout gribouillé sur un même faux papier jauni de liseuse numérique dégénérée, convulsionnant l’avenir dans la nuit du Nouveau Monde. » Richard Palachak
Dàrio : peux-tu me parler et identifier ton travail avec Black-Out éditions ?
Richard Palachak : la rencontre entre un éditeur et un écrivain est affaire de connectivité et d’affect réciproque. J’adore le travail de Black-out Editions, et je pense que mon éditeur apprécie également le mien. Actuellement, on réalise une chronique hebdomadaire sur le site de la maison d’édition tous les mardis, « Les Fragments de Nuit, inutiles et mal écrits », en collaboration avec mon ami photographe Simon Woolf (dont je suis un fan absolu). Un recueil de Nouvelles sortira en début d’année 2018 (toujours illustré par Simon Woolf) et la suite en 2019. Après on verra, on se laisse porter. Il y a plein de projets, d’idées possibles et imaginables. J’ai déjà 2 romans d’avance et mon éditeur a plus d’un tour dans son sac. Je suis persuadé que l’histoire ne fait que commencer.
Retour aux bonnes habitudes, celles de célébrer l’artiste qui a inspiré ce média… Ainsi, l’idée apparaît comme évidence : les citations et représentations du cheval dans l’œuvre d’Hubert-Félix Thiéfaine..! Quelle idée ! Malheureusement cet article restera une ébauche et pas une thèse étudiante… Sans logiciel analysant toutes les paroles des chansons de l’homme, nous nous pencherons sur un simple surf lié à certaines connexions de souvenirs de textes marquants.
C’est un nouvel angle d’attaque de notre icône Mongol commun comme nous l’avons fait avec calendriers ou thèmes du parrain virtuel RMI’Z, passion commune des fondateurs Ertzin et moi-même votre humble serviteur…
Taille comparée entre un poney Shetland et un cheval de selle.
Ma grande idée du présent serait de défendre le vin biodynamique contre les sulfites, à l’image de la célébration du « cheval, compagnon de labeur » à la charrue dans la vigne, par exemple… Ainsi je replace le canasson en meilleur ami de l’homme au détriment du descendant du loup…
Cet aparté me tient à cœur :
« Le cheval compagnon de labeur » évoque le passé, ce fut une exposition aux Archives départementales de la Haute-Saône, un livre s’y rapportant et une série d’entretiens audios que j’eus avec un très ancien de Colombier en semi patois… où celui-ci m’évoquait l’importance et la valeur dans l’agriculture ou le transport de l’équidé avant et pendant la Seconde Guerre Mondiale, réquisitionné d’office plutôt que le bœuf dans ce village par les allemands occupants. Le plan Marshall, l’avènement du tracteur américain, l’assassinat de l’agriculture a épuisé le cheval et l’agriculteur… donc tous les atouts du continent européen…
Schéma des parties externes du cheval.
Et puis si le cheval est un ami, bien élevé, bien nourri et aimé alors on peut le manger ! Miam ! C’est aussi de l’amour ! Ne soyons pas hypocrites, nous avons été formatés dès notre enfance à cette éventualité avec le copain Poulain ! Ah ah!
Bref, trêve d’avis personnels, revenons à nos moutons, ou plutôt notre sujet annoncé, sans s’égarer.
LE Cheval CHEZ HFT :
1980:
SCORBUT :[chanson mignonne, tradition paillarde, pour les filles de la Rochelle ! ] à 2minutes 20 : « (…) cheval deux trois » référence au Cheval de Troie dans la construction musical du morceau…: 1, 2, 3, quatre …!
Nous aurions pu évoquer avant ce titre sur l’album précédent « la fille du coupeur de joint » fameuse « (…) sur un chariot chargé de paille, sur un chariot chargé de foin (…) » que l’on présumerait tiré par un équidé… Tout cela pour finir à « (…) pédaler dans les nuages au milieu des petits lapins (…) », lapin qui pourrait être un animal totem tout autant comme dans l’intro de la chanson « comme un chien dans un cimetière » … etc… [Et côté bestiaire, gros faible pour le dernier album avec « En remontant le fleuve » et cette idée saumonée de la vie…].
1982:
LES DINGUES ET LES PAUMÉS :
« (…) mon cheval écorché
m’appelle au fond d’un bar (…) »
Voici une mystérieuse évocation et il faut absolument ne pas tout expliquer et entretenir des mystères ici-bas….
Document de choix, exceptionnel, par notre ami collègue Michel Buzon…
Courte interview de Thiéfaine par Michel Buzon + CLIP « Les Dingues et les Paumés » 1982 (extrait de l’album « Soleil Cherche Futur » : https://itunes.apple.com/fr/album/sol…) Paroles : Hubert-Félix Thiéfaine / Musique : Claude Mairet (arrangements, guitare, percussions électroniques & choeurs) / Orgue et piano Fender : Gilles Kusméruck
Les dingues et les paumés jouent avec leurs manies Dans leurs chambres blindées, leurs fleurs sont carnivores Et quand leurs monstres crient trop près de la sortie, Ils accouchent de scorpions et pleurent des mandragores Et leurs aéroports se transforment en bunkers, À quatre heures du matin derrière un téléphone Quand leurs voix qui s’appellent se changent en revolvers Et s’invitent à calter en se gueulant « come on ! »
Les dingues et les paumés se cherchent sous la pluie Et se font boire le sang de leurs visions perdues Et dans leurs yeux-mescal masquant leur nostalgie Ils voient se dérouler la fin d’une inconnue Ils voient des rois-fantômes sur des flippers en ruine, Crachant l’amour-folie de leurs nuits-métropoles Ils croient voir venir dieu ils relisent Hölderlin Et retombent dans leurs bras glacés de baby-doll
Les dingues et les paumés se traînent chez les Borgia Suivis d’un vieil écho jouant du rock ‘n’ roll Puis s’enfoncent comme des rats dans leurs banlieues by night, Essayant d’accrocher un regard à leur khôl Et lorsque leurs tumbas jouent à guichet fermé, Ils tournent dans un cachot avec la gueule en moins Et sont comme les joueurs courant décapités Ramasser leurs jetons chez les dealers du coin
Les dingues et les paumés s’arrachent leur placenta Et se greffent un pavé à la place du cerveau Puis s’offrent des mygales au bout d’un bazooka En se faisant danser jusqu’au dernier mambo Ce sont des loups frileux au bras d’une autre mort, Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal Ils ont cru s’enivrer des chants de Maldoror Et maintenant, ils s’écroulent dans leur ombre animale
Les dingues et les paumés sacrifient Don Quichotte Sur l’hôtel enfumé de leurs fibres nerveuses Puis ils disent à leur reine en riant du boycott : « La solitude n’est plus une maladie honteuse Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso Mon cheval écorché m’appelle au fond d’un bar Et cet ange qui me gueule : « Viens chez moi, mon salaud » M’invite à faire danser l’aiguille de mon radar
SOLEIL CHERCHE FUTUR :
« (…) et je traine les PMU avec ma gueule de bois (…) »
2001:
LES FASTES DE LA SOLITUDE (album « Défloration 13″) :
« (…) Joseph d’Arimathie & Uther Pendragon Chevauchent de vieilles juments au bord de l’extinction (…)«
Joseph d’Arimathie & Uther Pendragon ces deux personnages sont imaginaires, qu’en est-il alors de leurs vieilles femelles cheval..? Je vous laisse imaginer une extinction légendaire !
Pour ce titre est également question de Dürer et de sa gravure « Le chevalier, la mort & le diable », mais nous revenons plus loin dans cette page à propos du « DICOTHIÉFAINE »…
Les fleurs de rêve obscur secrètent de noirs parfums Dans la féerie marbrée des crépuscules forains Théâtre d’harmonie / panorama lunaire Aux délicieuses lenteurs de cortège funéraire Où les âmes nuageuses nimbées de sortilèges S’évaporent dans l’ivresse glacée d’un ciel de neige Banquises phosphorescentes & bleue mélancolie Qui projette ses violons sur d’étranges rhapsodies Aux étranges accords sous d’étranges latitudes Qui te révèlent les fastes de la solitude
Les femmes-oiseaux perdues dans leurs sombres dimanches Ont sorti leurs précieux colliers de souris blanches & dansent la sarabande frivole des courtisanes A la mémoire d’amants noyés dans leurs arcanes Odeurs de mandarine & rafales de cannelle Mélodies cristallines & vapeurs d’arc-en-ciel Là–bas sous un tilleul, à l’ombre d’une fontaine Notre-Dame de la nuit distribue l’oxygène & le septième cercle de la béatitude
Te révèle les fastes de la solitude
La princesse aux camées fait blinder sa pâleur Pour franchir les spirales du miroir intérieur Pétales rapaces d’une hydre aux yeux de tarentule Dans le tumultueux chaos des particules Mandalas schizoïdes & soupirs féminins Sur les claviers bulbeux des orages clandestins Sépultures de valium pour voyageurs-vampires Errant dans les sargasses d’un océan martyr & le doute qui ravage même tes incertitudes Te révèle les fastes de la solitude Joseph d’Arimathie & Uther Pendragon Chevauchent de vieilles juments au bord de l’extinction & cherchent l’asile de nuit au milieu des pylônes Rouges-iguane & oranges brûlés des soirs d’automne Leurs druides au bec-bunzène en livrées de valets Te préparent un cocktail dans leurs tubes à essai Plus rapide qu’une Aston dans les mains de Shelby Tu reprends l’avantage au treizième Martini & l’ineffable attrait pour les bars d’altitude Te révèle les fastes de la solitude
Le chevalier, la mort & le diable s’enfuient Des pinceaux de Dürer pour absorber la nuit Tandis que Mélusine aux longs cheveux défaits T’organise une party dans la brume des marais & dessine sur ton membre une cartographie Des ténèbres où t’attendent quelques maillons maudits Puis traverse le désert jusqu’à la Thébaïde Où la fée méridienne de tes éphémérides Extirpant ton sourire poisseux de l’habitude Te révèle les fastes de la solitude
Et à propos d’Uther Pendragon, dans notre culture populaire moderno-télévisée, comment ne pas songer au formidable travail d’Alexandre Astier…: KAAMELOTT !!!
2005:
CONFESSION D’UN NEVER BEEN (album « Scandale Mélancolique« ) :
Si cet article est né c’est bien sûr pour ce titre issu du dernier album … »Amour désafecté« .
Il y a cette image désuète de chevaux, saisis en pleine course, « au pied de l’arc en ciel »… Comment ne pas voir ce papier peint ou calendrier des postes des années 1970-80 en couleurs…(?) comme renvoyant au titre « Médiocratie » du même album mais avec un soleil glorieux …
« (…) devant toutes ces news qui nous soûlent ces flashs qui nous anesthésient DJ God a perdu la boule & mixe à l’envers nos envies devons-nous croire à un réveil dans l’au-delà des jours fériés avec la photo du soleil brillant sur nos calendriers ? (…) »
La chose dite abstraite, métaphore nostalgique, est embellie par l’art d’écriture de monsieur H-F THiéfaine… La musique signée J-P NATAF n’en fait pas trop, dosant ce qu’il faut pour nous transporter dans cette course désertique rythmée et mélodique. Aucun apitoiement, juste un constat sans drame d’une expérience de vie aussi rodée fut elle.
Auteur: Hubert-Félix Thiéfaine
Compositeur: Jean-Philippe Nataf
Editeurs: Lilith Erotica,Malifusic
les chevaux sont partis courir là-bas au pied de l’arc en ciel ils emportent le souvenir de nos baisers chargés de fiel les chevaux sont partis courir je crois que je vais faire pareil
la rouille fait grincer les couleurs dans le matin à contre-jour nos regards en apesanteur fixent le point de non retour la rouille fait grincer les couleurs & bloque les issues de secours
c’est juste la fin maintenant d’une histoire qui tombe en poussière c’est juste la fin maintenant d’un amour sinistre & désert
inutile de nous retourner sur les raisons de nos mensonges de nos certitudes incrustées au plus profond creux de nos songes inutile de nous retourner sur le mal caché qui nous ronge
c’est juste la fin maintenant d’une histoire qui tombe en poussière c’est juste la fin maintenant d’un amour sinistre & désert c’est juste la fin maintenant d’une histoire qui tombe en poussière c’est juste la fin maintenant juste la fin maintenant
les chevaux sont partis courir là-bas au pied de l’arc en ciel les chevaux sont partis courir je crois que je vais faire pareil
En « C », pas d’entrée « cheval », on passe de « Chancre » à « Chirouble »…:
Chancre : 1. Ulcération qui marque le début de certaines infections (maladies vénériennes, maladies infectieuses). Chancre syphilitique, lépreux. Chancre mou: chancrelle. 2. Maladie des arbres, provoquée par un champignon, qui détruit l’écorce et réduit le bois en pourriture. Syn. ulcère.
Chirouble : Cru du Beaujolais.
Avant « Ch » on trouve le très intérressant Caroussel :
Carrousel : n. m. 1. Tournoi, parade où des cavaliers exécutent des joutes, des courses, des exercices divers. Lieu où se donne un carrousel. Un carrousel bruyant d’automobiles. 2. Dispositif de manutention constitué par un plateau, des éléments, etc., tournant autour d’un axe vertical. Carrousel de distribution des bagages d’une aérogare.
Puis on peut aussi s’amuser à trouver ces définitions suivantes :
Licorne : 1. Animal fabuleux, cheval à longue corne unique implantée au milieu du chanfrein. 2. Licorne de mer : narval.
Dürer : (Albrecht) (Nuremberg, 1471 id., 1528), peintre et graveur allemand. Unissant styles italien et flamand, il est le type même de l’homme de la Renaissance, tourmenté toutefois par l’inquiétude religieuse. Bien qu’il soit un coloriste raffiné (l’Adoration de la Sainte Trinité, 1511), le graveur surpasse le peintre et l’aquarelliste par la précision et la force de son dessin: 15 planches de l’Apocalypse (bois, 1498); le Chevalier, la Mort et le Diable; Saint Jérôme dans sa cellule et Mélancolia (cuivres, 1513-1514).
Duerer – Ritter, Tod und Teufel (Der Reuther)
Enfin il est fait référence aux mots « cheval » et « chevalerie » ici aussi :
Hybride : 1. Animal ou végétal qui résulte du croisement de deux sujets d’espèces différentes. Le bardot est un hybride de cheval et d’ânesse. Caractère hybride: chez les êtres vivants diploïdes, caractère que gouverne une paire de gènes allèles mutés l’un par rapport à l’autre. 2. Mots hybrides, formés de radicaux empruntés à des langues différentes. «Bigame», formé du latin «bis» et du grec «gamos», est un mot hybride. 3. Qui utilise à la fois le calcul numérique et le calcul analogique, en parlant d’un matériel informatique.
Mélusine : personnage fabuleux, fille d’une fée, qui pouvait se métamorphoser partiellement en serpent. Les romans de chevalerie et les légendes du Poitou font d’elle l’aïeule et la protectrice de la maison de Lusignan.
Et après Thiéfaine, voici les évocations en 5 chansons pour 4 artistes français de notre ami solipède…
GEORGES BRASSENS / PAUL FORT
1953
Le poème de Paul FORT mis en musique par Georges BRASSENS demeure aussi quelquechose des plus émouvants pour la poésie française, présenté traditionnelement aux enfants et formant à la mélancolie et au tragique. Ainsi toute leur « relation » est magnifique…
Dans son écriture et interprétation florissante, le cheval est légion…! Cependant ces quelques vers, et cette chanson, qui m’émeuvent particulièrement, sur son ultime opus… « La ville s’endormait » [sorti en 1977 chez Barclay]… où l’on peut trouver un clin d’œil à Jean Ferrat chahuté sur un désaccord misogyne du Grand Jacques à découvrir par soi-même.
« (…) et mon cheval boueux et mon cheval qui boit et moi qui le regarde (…) »
La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Sur le fleuve en amont
Un coin de ciel brûlait La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Et la nuit peu à peu Et le temps arrêté Et mon cheval boueux Et mon corps fatigué Et la nuit bleu à bleu Et l’eau d’une fontaine Et quelques cris de haine Versés par quelques vieux Sur de plus vieilles qu’eux Dont le corps s’ensommeille
La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Sur le fleuve en amont Un coin de ciel brûlait La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Et mon cheval qui boit Et moi qui le regarde Et ma soif qui prend garde Qu’elle ne se voit pas Et la fontaine chante Et la fatigue plante Son couteau dans mes reins Et je fais celui-là Qui est son souverain On m’attend quelque part Comme on attend le roi Mais on ne m’attend point Je sais depuis déjà Que l’on meurt de hasard En allongeant les pas
La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Sur le fleuve en amont Un coin de ciel brûlait La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Il est vrai que parfois près du soir Les oiseaux ressemblent à des vagues Et les vagues aux oiseaux Et les hommes aux rires Et les rires aux sanglots Il est vrai que souvent La mer se désenchante Je veux dire en cela Qu’elle chante D’autres chants Que ceux que la mer chante Dans les livres d’enfants Mais les femmes toujours Ne ressemblent qu’aux femmes Et d’entre elles les connes Ne ressemblent qu’aux connes Et je ne suis pas bien sûr Comme chante un certain Qu’elles soient l’avenir de l’homme
La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Sur le fleuve en amont Un coin de ciel brûlait La ville s’endormait Et j’en oublie le nom Et vous êtes passée Demoiselle inconnue À deux doigts d’être nue Sous le lin qui dansait
Instrumentale: Banane Illustration: La rouille Motion Design: Euls
& Gabriel Randon dit Jehan-Rictus (1867-1933)
Mettre un coup de projecteur sur un poète du XIXème injustement passé sous silence en rappant ses textes acerbes sur l’état de la société de l’époque; tel est le grand dessein de Vîrus avec le projet « Les Soliloques du pauvre ». Le monde avance mais la misère reste la même.
Tout frais, tout beau, tout chaud, ça sent le bon et l’excellence… Vla L’Bich notre hip-hop-digger nous a trié, creusé, le magot planqué par Vîrus..!
Ce sont les joies de l’underground, c’est qu’il faut gratter, profond, profond !
Alors voici quelques éléments pour découvrir le dernier truc de fou de ce rappeur contagieux !
On sent l’anarchie poindre à l’horizon du phrasé de Vîrus dans ce brûlot « Songe mensonge » (de Jehan-Rictus) et le texte « Champion’s League », près d’un siècle plus tard..! Noir, triste, et en braises !
On ne pourra pas reprocher à ce hip-hop là de manquer d’esprit ou de bonne intelligence, il souffle sur ces braises de la révolte latente dans notre société.
« Beaucoup ont tendance à vouloir rendre le rap propre, acceptable, le nettoyer : tu le nettoies, tu le tues. »
Textes à la dent dure, appui de folie pour enfoncer le clou de ce cher Jean-Claude Dreyfus (robuste, droit d’intégrité…) ce qui pousse et décolle le projet et le flow… Prestance, textes et sons… la recette est parfaite..!
Ce grand admirateur de Jehan-Rictus lui avait d’ailleurs rendu un premier hommage sur France Culture en 2014. (Lien par clic)
Portrait de Jehan-Rictus par Félix Vallotton paru dans Le Livre des masques (vol. II, 1898).
[D’après Vla L’Bich ce que Luchini veut nous montrer ici c’est que Jehan-Rictus avait pour inspiration son vécu de la misère, alors que Céline racontait celle qu’il pouvait être amené à voir] ;
c’est bon ça, surtout chez le neveu Mitterrand (« … Jehan-Rictus, que je ne connais pas… »)…, ça remet les choses en place !
Je vous le dit c’est une histoire de clou et de marteau…!
Tradition des « trouvères » du moyen-âge dans le choix de ce prénom (Jehan)… quelle référence folle.., tout indiquée dans notre époque obscure socialement !
Un lien suggéré par notre chercheur d’or noir musical…:
« Une journée avec de l’écriture c’est pas la même qu’une journée sans. »
Vîrus a « travaillé » avec Casey, Al et Prodige sur le projet « Asocial Club » ; rien d’étonnant, plutôt du détonnant en perspective !
Qu’on ne s’y trompe pas, ces morceaux live sont produits à La Maison de la Poésie, et y ont toute leur place !
Vîrus « au chant », Banane à la prod’ musicale… ça farte ! Ces deux-là excellent, l’emploi du break est savant, il surprend ce qu’il faut, il défonce, à l’instar de nos meilleurs souvenirs de free-parties section break-core !