Casey, la plume enragée.

Digne fils de la chanson française de qualité et du rock seventies en jean moule-burnes, je m’étais toujours dis que le Hip-hop ne me concernait pas, tant au niveau sonore que revendicatif. Les problèmes évoqués dans cette mouvance musicale n’arrivaient pas à remuer les méninges d’un cambroussard ne sachant pas ce qu’était la vie de banlieue, les délits de faciès et le racisme…Il y avait aussi le fait que les seuls morceaux de rap que je pouvais entendre, étaient ceux qui passaient sur les radios commerciales. Alors je suis resté calé entre les gratts électriques et les rimes de chanteurs, les uns comme les autres, quasiment tous morts à l’heure où je ressortais les vinyles de mes parents.

Et puis un jour, j’ai fais la connaissance d’un mec. Passées les normalités d’une amitié naissante, on s’est tout de suite mis à échanger nos goût musicaux, et de mon côté, j’envoyais du Ferré, du Thiéfaine et du Caussimon, et lui de me renvoyer la pareille, avec des morceaux de rap bien couillus, en sons et en lyrics…

Et merde, j’ai bien aimé. Morceaux après morceaux, je prenais des claques terribles en réalisant que j’étais passé à côté de quelque chose. Mais la mandale sonore que j’ai pris, aussi puissante qu’un high-kick de Steven Seagal, m’est venu d’une gonzesse. Pas la gonzesse fragile et douce des chansons de Renaud, non, la gonzesse qui chope le mic comme un gourdin, pour éclater la gueule de nombre de préjugés, et au passage, balayer tous les branleurs qui font du « rap », à base de piscine remplies de champagne, de putes et de liasse de billets. Ceux qui placardent les villes de réclame de concerts, et qui quittent l’affiche avant que la colle ait eu le temps de sécher…

Casey, le nom est lâché…aussi énervée qu’un chat balancé dans une flaque d’eau, elle envoie sa vision de la société française, à grand coups de rimes et d’instrus qui restent plantés dans la tête comme des coups de pied de biche dans l’occiput.

 

Bim, le décor, est planté. Dès le premier album, on comprend ce qu’est le rap de Casey, une bande-son percutante, qui vous prend par le col pour vous enfoncer la tête dans des textes sans concession, débités à coups de machette par un flow mécanique, entêtant et un brin éraillé.

 Avec bon nombres de projets à son actif, Casey nous livre quelques pépites, issues de diverses collaborations. De Zone Libre (Serge Tayssot-Gay de Noir Désir, Marc Sens-guitariste de Yann Tiersen et Cyril Bilbeaud de Sloy), en passant par Hamé de La Rumeur et Anfalsh, formé avec B.james et Prodige, ses morceaux font changer d’avis les auditeurs les plus réticents.

Et dernièrement, c’est avec la formation Asocial Club (AL, Virus, Prodige, Casey, Dj Kozi) que Casey évolue en gardant la même ligne de conduite. Du son, des paroles qui se boivent comme du Jagermeister et des clips qui tiennent le pavé. De quoi me donner l’envie d’en écouter encore et encore, et de suivre Casey dans son art, nouveau à mes oreilles mais déjà bien classé dans mes tracklists. En espérant que ça vous donnera envie de faire pareil, à bon entendeur, salut.

 

3 réponses à “Casey, la plume enragée.

  1. une belle date apparemment :

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