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Cher Dàrio,

Pas loin d’un an sans t’avoir vu, et mon con, je réalise qu’il me manque quelque chose. Certes, le dieu Facebook me permet de te contacter, mais, je suis un vieil aigri, et les cybers dialogues ne me suffisent plus.10669099_532841700180646_4117521107171970311_o

Le pire dans cette situation, c’est que c’est entièrement ma faute si nos rendez-vous ne sont plus possibles, à cause de mon gosier trop souvent sec, de mon être dépourvu de volonté et de mon véhicule dépourvu de pilotage automatique.

Bref, je vais pas te redire que je m’estime être le plus bas des humains, car tu sais trop mon point de vue sur ma personne et je te sais aussi faire partie des accidentés de la vie, qui au milieu de ce monde qui tombe à la renverse, se trouvent aussi inutiles que des parapluies au milieu du désert.

IMG2456Pourtant, on avait tout pour être heureux, confort capitaliste, sécurité familiale, tous ces trucs qui ont évolué avec le temps, et qui peut-être faisait rêver nos anciens. Mais avec le recul, j’en arrive à me demander quelle génération est la plus heureuse. Est-ce la notre, avec les avantages cités plus tôt? Les transports modernes raccourcissant les distances? Les médocs et autres vaccins, nous permettant de survivre à une vilaine coupure? Ou peut-être est-ce une autre génération, celle des années folles, où la culture et le pacifisme étaient la réponse à la grande boucherie de 14-18? Bien sûr, il n’était pas question de réfrigérateur, de radiateur, d’ordinateur, et tous ces mots qui se terminent pareils et sont souvent synonymes de qualité de vie, même sans tout ça, cette génération a connu le « bonheur »… Il y avait encore beaucoup de territoires inexplorés, que se soit en médecine, sciences, ou géographie. Les horreurs de la « der des ders » leur avait appris la valeur de la vie et que finalement, la grande Europe était une utopie…

Mais chaque bon moment voit sa fin trop vite arriver, et quand le ciel vint à s’assombrir du vol des Stukas, nos vieux réalisèrent et à perpétuité, que l’homme est mauvais, qu’il soit Français, Autrichien, ou Japonais. Paradoxalement, c’est en voulant imposer le concept alors nouveau de l’über-mench, que les nazis ont validé pour toujours la profonde aversion de l’homme pour sa supériorité intellectuelle, en se réduisant à la condition des animaux lambdas, qui se foutent sur la gueule pour protéger un terrier, ou voler celui de leurs congénères.IMG2045

Je sais, cette histoire à 70 ans, mais je trouve qu’on en est toujours au même point. Sauf que « l’ennemi », n’est plus teuton, il est méditerranéen, mais les deux ont un point commun, leur rage assassine et implacable est le fruit de trop d’humiliations, et leur capacité d’action, le fruit d’accords souterrains avec les grandes puissances qui leur mettent des baffes en public tout en leur caressant le chibre sous la table. Et dans ce grand dîner de cons, les convives se régalent de cette remise en place des choses, sans se douter que le digestif va leur être fatal. Hips.

IMG2325Bien sûr, la guerre est aujourd’hui propre et privatisée, personne ne va venir m’arracher à mon pétrin pour me coller un FAMAS dans les mains et m’ordonner d’aller bouffer du plomb pour sauver une démocratie déjà morte, mais c’est peut-être pire…me retrouver avec « deux abeilles de cuivre chaud » dans le bide, allongé au milieu d’un tas de mes semblables, tous morts et incrédules… Et tout ça parce que comme d’habitude, il nous fallait du pétrole, il nous fallait de la fraîche pour une campagne électorale, pis on a pas pu agir parce que si on faisait ça, on allait faire capoter je ne sais quel plan des USA qui au bout de 60 ans, n’ont toujours pas capté que les russes ne baisseront jamais leur froc, bref, tant de choses qui n’apparaissent  aucunement dans mon agenda. « la France est en guerre… » nous dit souvent le gouvernement, mais pour l’instant, c’est pas les militaires qui tombent le plus…(3 morts pour un an et demi d’opération Serval, 82 pour une heure et demie de concert…)…

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Tout ce que je vois, c’est que le monde c’est Verdun, les politiques, des généraux à l’arrière, et nous autres, pauvres citoyens, sommes les poilus d’une bataille sans fin…Un parallèle est même possible entre les  traumatisés du front, qui à l’époque se faisaient traiter de simulateurs, alors que c’est leur corps entier qui refusait de les emmener à la bataille, et ceux d’aujourd’hui, à qui leur conscience leur dit de ne pas suivre le troupeau et que les gens biens appellent « complotistes »…

Enfin, j’arrête là pour aujourd’hui, j’ai une bière à finir. Amitiés désabuées et sincères.

Ertzin.

PS: Depuis quelques jours, j’ai peur de prendre le bus, j’attends une loi qui garantira mon entière sécurité pour venir te voir…

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Seasick Steve: la dèche, le blues et le reste.

Seasick Steve, littéralement « Steve Mal de Mer », on dirait un surnom de pirate, ou encore l’un de ces sobriquets que se donnaient les biffins américains, à la grande époque entre salves de mitrailleuses et virées au bordel.

Chers Mongols, laissez-moi vous présenter Steve Gene Wold. Du haut de ses 74 ans, caché derrière une barbe grise de trois ans, et sous une indéboulonnable casquette « John Deere », quand il entre sur scène, une bouteille de vin rouge à la main, on sait qu’on va pas écouter du Kanye West.

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Faiseur de blues depuis depuis les années 60, ce fils de pianiste de Boogie-Woogie ayant quitté le foyer familial à 13 ans, peut s’enorgueillir d’avoir côtoyé  et travaillé avec les plus grands, à savoir John Lee Hooker, Janis Joplin ou encore plus tard, Kurt Cobain. Ce contentant simplement de ces collaborations diverses, Steve Gene Wold poursuit une carrière loin des codes habituels. Antistar complète, il partage sa vie entre le blues et les voyages, notamment en Europe, et plus particulièrement en Norvège. Et c’est en Norvège qu’un ami lui donna le surnom de Seasick, constatant l’incapacité de Steve à monter sur un bateau sans être malade, et qu’il rencontr

a sa femme, avec qui il aura cinq fils.

De retour aux Etats-Unis, dans les années 90, il fonde à Seattle son propre studio d’enregistrement, ce qui lui permet de rencontrer des artistes de la mouvance rock et grunge en place, et donc Kurt Cobain.

« En grandissant, mes enfants avaient moins besoin de moi, alors je me suis dit que je pouvais peut-être composer un album… »

images3O1D3ZQ7Bim! 2004, sortie de « Cheap », en collaboration avec le groupe suédois The Level Devils. Cet album est une bouteille de bourbon vide, jetée dans la mare dormante qu’étaient devenus tout ces sons américains, le blues, la folk, et le boogie… Avec des morceaux comme « Rockin’ Chair » ou « Hobo Blues », Seasick Steve ne dépoussière pas un genre musical, puisque qu’il en a été témoin et acteur, non, il en est le rapporteur.  Ce gars en salopette tachée et tee-shirt troué nous laisse l’impression d’avoir fait une sieste de 40 ans et qu’il se réveille aujourd’hui, en produisant un son, non sans influence, mais sans reverb’ à la con, synthétiseur, ou autres fioritures qu’on penserait indispensables pour faire aimer un vieux son à la jeunesse. Non,  pour lui :

« Le blues, c’est bon quand c’est sale ».

S’en suit une série d’albums dans le même ton,  sept au total, de quoi ravir toutes les oreilles friandes de ce qui se fait de plus authentique, et s’il vous plaît, servit par un artiste qui respire encore!

Fabriquant lui même ses guitares, il s’amuse à chaque concert à expliquer de quoi telle ou telle guitare est faite, tantôt un filtre à air de voiture, tantôt un bidon d’essence, ou encore une planche à laver, fortement mise en valeur dans ce morceau:

Bref, le gars en impose, et s’il vous prend l’envie de vous décrasser les étiquettes avec des watts et du son pur jus, prenez donc un morceau de ce que l’Amérique a produit de meilleur ! A déguster sans modération.

Un calendrier 2015 : philosophies, musiques et pin-up’s! (2ème semestre : 6 éphémérides)

HISTOIRE DU NOM DES MOIS OCCIDENTAUX- CALENDRIER ROMAIN:

  • Juillet : deux interprétations possibles : altération de l’ancien français juignet « juillet » proprement « petit juin » et du lat. julius (mensis), nom du 7e mois de l’année (proprement « mois de Jules, en l’honneur de Jules César, né dans ce mois, réformateur du calendrier romain) », le gn de juignet passant alors en ll de juillet.

  • Août : du lat. augustus, « consacré par les augures », substitué en l’honneur de l’empereur Auguste à Sextilis (mensis) (qui est le sixième mois après le printemps).

  • Les mois de septembre (de septem (mensis) : septième mois), octobre : lat. october (mensis) « octobre, huitième mois de l’année romaine » (dér. de octo : « huit »), novembre (novem : « neuf » ) et décembre (lat. class. december, dér. de decem : « dix », décembre étant le dixième mois de l’année romaine) ne se comprennent qu’en commençant l’année à l’équinoxe de printemps, au mois de mars.


Le second semestre se profile alors, poursuivons ce jeu calendaire « funky-philosophique ». L’année 2015 grignotée de sa moitié, arrivent alors les 6 derniers mois, deux saisons et demie.

Ainsi donc me basant sur un calendrier apostolique-romain, comme au premier épisode 2015, puis au second voici quelques allégations personnelles et illustrées.


Juillet pour JULIUS

Juillet serait donc référence à Jules César (Caius Iulius Caesar IV à sa naissance, Imperator Iulius Caesar Divus après sa mort ; autre titre : dictateur !). Son dernier jour est resté célèbre pour avoir été victime d’un attentat de la part de son « fils » Brutus.

Tout bonnement nous le choisissons ici en pin-up du mois : 

[Source : http://aguillon.info/tag/cesar]

Pourquoi Caius JULIUS CAESAR a-t-il donné son nom à un mois de l’année, au même titre que Janus (janvier), Mars, Aphrodite (avril) et Junon (juin), divinités gréco-romaines ?

Parce que cet homme qui fut tout-puissant à Rome (imperator ou général en chef, homme politique, pontifex maximus ou grand prêtre, et dictateur à vie) est devenu un dieu !

 

Côté musique, de l’historique….

René Binamé en 1996 : « Juillet 1936 » et le soulèvement catalan contre le fascisme franquiste.

Le 19 Juillet 1936, alors que les fascistes organisent un coup d’État contre la République espagnole, les ouvriers prennent les armes pour les en empêcher. Mais, loin d’eux l’idée de défendre la République, ils organisent la Révolution sociale et montre au monde entier, qu’ils est possible de reprendre sa vie en main ! René Binamé rend hommage à ces miliciens de la Liberté et de l’Anarchie !

 Et puis un incontournable Thiéfaine, occasion d’un de ses rares clips, « Le Touquet Juillet 1925 » (en rapport à la construction de l’Hôtel des Postes du Touquet Paris-Plage ouvert en 1927 [?], aux courses de l’hippodrome du Touquet en 1925 [?] bien avant les congés payés de 1936 ; Peut-être Ertzin saura-t-il nous le dire…? ) : « (…) le soleil joue sur nous (…) ». Juillet appelant le soleil…

… Le soleil appelant juillet, profitez-en !


Niagara, « l’amour à la plage » mais repris par le farfelu Eddy La Gooyatsh..!


Août pour AUGUSTUS 

Août pour un empereur des plus fameux parmi les guerriers, et des bonnes comme des mauvaises augures…

Jouons un peu… La source bateau mais fournie… :
Wikipédia (sic) nous apprend (…) »néanmoins le rapport de 1990 sur les rectifications orthographiques recommande l’utilisation de la graphie « aout », sans accent circonflexe.
Mais l’orthographe avec accent est prépondérante, et encore largement utilisée. »

(…)

« 

Historique

Son nom vient du latin Augustus, nom donné à ce mois en l’honneur de l’empereur romain Auguste en 8 av. J.-C.. Avant lui, dans l’ancien calendrier romain, août était le sixième mois de l’année et portait le nom de sextilis (de sextus, sixième).

(…)

En 8 av. J.-C., l’empereur romain Auguste décida d’ajouter un jour au mois d’Août, qui porte son nom, pour en avoir 31, soit autant que le mois de Juillet, qui lui était appelé ainsi en l’honneur de Jules César.
Ce jour a été soustrait au mois de février, qui à l’époque était le dernier de l’année.

(…)

Traditions religieuses

Dans la religion catholique, le mois d’août est le mois du cœur immaculé de Marie, qui est intimement uni au Sacré-Cœur du Christ présent dans l’Eucharistie.

(…)

 

 »

J’ajoute alors, pour Marie, se rendre aussi au mois de mai où elle s’incruste… 

Puisque je n’écrirai pas sur les étoiles et les astéroïdes cette fois, pour le mois d’aout qui le mérite en récurrences…

 

Et puis il y a ces « augures » donc, mot intéressant.. comme dirait l’autre participatif :

« Augustus » signifie « consacré par les augures », ce qui correspond à une quasi-déification. Il est devenu en quelque sorte celui dont la volonté est celle des dieux. En effet les augures étaient des sacrificateurs chargés de lire les signes du destins. La consécration par les augures tend à identifier le Prince à l’agent de la Fortune elle-même, à en faire l’homme du Destin. Après la christianisation de l’Empire, cette titulature nouvelle sera ensuite identifiée au pouvoir impérial romain sans lien apparent avec l’ancienne religion. »

Allez musique !! Ce n’est pas Wiki qui me la souffle…

 

SEPTEMBRE !

 

Vous avez dit « Alcoolique »?

« L’alcool décape la petite couche de bonheur peinturluré pour découvrir la patine d’un matériau doux, uni, pâle comme la tristesse. »

Michèle Mailhot

 

 

 

Salut les Mongols, ici Herr Ertzin, votre serviteur qui vient vous parler d’alcool. Et oui, d’alcool, comme quoi sur RMIz, on essaie de parler de tout. Ne tirant aucune gloire d’une consommation déraisonnable, n’essayant pas de nous faire passer pour des vrais hommes parce qu’on boit plein de vin, les gens comme moi se voient souvent questionnés et incompris quant à notre besoin d’état second. En effet, pour le grand nombre, l’alcoolisme, quand il ne rime pas avec succès, c’est un signe de faiblesse, c’est un défaut ou une maladie. N’est pas Renaud, Depardieu, ou Gainsbourg qui veut. La plupart des citoyens considérant l’alcoolisme comme une mauvaise chose parviennent pourtant à admirer ce genre d’alcoolo céleste, comme s’ils étaient frustrés de ne pas pouvoir en faire autant. Mais quand on parle d’un voisin, d’un membre de sa famille ou d’un ami, l’alcoolisme devient nettement moins glorieux.

 

Je ne suis pas du genre à me répandre à volonté,

Je n’ai pas besoin d’être plaint ou d’être encouragé.

Personne ne sait ce qui habite mon cerveau calciné,

Est-ce de la démence, une passade ou une céphalée ?

Et je n’ai  aucun trou dans ma tête pour y regarder,

Mais devant cette feuille, dans cette pièce enfumée,

J’expulse douloureusement mes mauvaises pensées

Un peu comme si j’accouchais d’un enfant mort-né.

Je botte en touche quand quelqu’un se met à réclamer,

Sous couvert de famille, de médecine ou par amitié

Les poussières foudroyant mes méninges encrassées.

C’est trop dur d’expliquer mon envie de me détériorer,

Avec cette impression de boire dans un verre ébréché.

Et quelques fois quand  mes lèvres se mettent à saigner,

Un quidam fait connaissance avec mon plus mauvais coté,

Et me demande ce qui motive ces addictions déprimées.

Mes excuses, je préfère être seul à connaître la vérité

A savoir vraiment tout ce que la vie m’aura confisqué

Et pourquoi j’ai de moins en moins l’envie d’avancer.

Cantonnés dans leur désir respectable, de santé, confort et bonheur, la plupart des gens ne cherchent pas à comprendre pourquoi quand eux prennent leur pied à avaler 3 bornes en courant, nous on débouche une fiole de rouquin, et on la vide. Toujours à nous vanter les mérites de la sobriété, de la confiance en soi et de la recherche de toujours avoir une raison de positiver, ils sont certains d’avoir raison, que tout le monde à droit au bonheur, et que pour avancer, il faut du travail, de l’argent, la santé et une famille. Et nous de leur balancer le fiel de nos vies, le pessimisme qui nous remplit, cette sorte de clairvoyance nimbée de j’m’en foutisme et de réalisme hideux.

La vie c’est de la merde, voilà notre point de vue, mais on entend plus souvent de « tu te plantes! » ou encore de « reprends toi en main! », que de « je peux comprendre » et autres « je sais pas si c’est la bonne solution, mais après tout, t’es grand! ». Non, ils pensent que le bon sens est forcément de leur côté, ils gardent pour toi un minimum de respect, et ne t’accordent plus aucune crédibilité.

Dommage, parce qu’on pourrait jouer un peu, on pourrait avoir la grande gueule qui nous manque bien souvent, taper du poing sur la table, et dire à qui veut l’entendre qu’ils se plantent, eux aussi…surtout eux.

 

 

Quand j’en ai marre de cette permanente sensation de vide
Quand d’autres que moi ne mettent jamais la tête sous l’eau
Quand je les vois jouer des coudes, fiers, ambitieux et avides
Quand je suis ivre mort, gerbant ma loose au fond d’un seau
Quand je me rends compte que je n’ai plus rien dans le bide
Quand j’essaie de me couler, alors qu’il faudrait rester à flots
Quand ils sont sûrs d’être des chevaux sauvages et sans brides
Quand je suis chien, conscient de ce qui entrave mon museau
Quand ils se trompent complètement sur ceux qui les guident
Quand je sais que devant nous, il ne peut y avoir que le chaos
Quand je vois des connasses essayer de lutter contres les rides
Quand ailleurs on en a, des rides, mais parce qu’on a pas d’eau
Quand ils se leurrent, et pensent que ce sont eux qui décident
Quand je me trouve juste à côté d’eux, à l’arrière du troupeau
Quand ils sont heureux de mener une vie prévisible et placide
Quand ils se couchent rêvant de succès, d’espoir, de renouveau
Quand j’égrène la liste exhaustive des raisons de mon suicide
Quand le moment vient où vivre consiste à traîner son fardeau.

 

Un fardeau, les mots sont forts, mais oui, l’existence est un fardeau. Alors plutôt que se voiler la face, on décide d’y aller à fond, la détérioration devient pour nous une sorte de quête dans laquelle ils nous est possible de repousser les limites de nos corps et de notre pensée. Une vie saine trompe la mort, soi-disant, mais vouloir tromper la mort, c’est bâtir sa vie sur un mensonge. La mort est là, en permanence et pernicieuse. Ils peuvent bien manger des fruits et faire du sport, ça n’empêche pas une voiture de quitter la route, ou  un AVC de venir souffler les bougies le jour de leur trente ans. Alors, on remue un peu le merdier, pour voir comment c’est quand on s’y frotte, au néant, au coma, au grand vide…

 

Quand les jours sont trop noirs pour y voir quelque chose

Que le fiel de ma vie se répand sur mon cœur

Je ne pense qu’à me détruire et atteindre l’overdose

Pour aller voir si le temps est plus clément ailleurs.

 

Et je me réveille dans un état déplorable

Avec l’amer regret de ne pas y être resté

J’avais pourtant rêvé de soleil et de sable

Mais au matin, je demeure sur mon canapé.

 

Et je me saoule dans une odeur de cendres froides

En rongeant au sang, ma triste condition d’écorché

Dans mon esprit en lambeau monte doucement la ballade

La chanson mélancolique d’un impuissant et d’un raté.

 

J’ai tout essayé pour peut-être me sentir bien

Et finir par aimer la vie et tout ce qui va avec

Mais quelque chose me retient au fond du bassin

Et mes tentatives de remonter se soldent par un échec.

 

Ainsi je reste coincé dans ma léthargie permanente

Me contentant de petits morceaux de bonheur égarés

Qui n’ont pas réussi à trouver quelque âme accueillante

Et c’est le vent par hasard, qui les dépose à mes pieds.

 

Le bonheur est une notion très relative. Il est différent aux yeux de chacun, quoique bien souvent en lien direct avec un certain confort matériel et financier. Mais pour nous autres, le bonheur n’a pas de définition, c’est juste une idée, qui traîne de-ci de-là, arrive à nous toucher quelques fois, mais bien souvent se retrouve chassée par cette mélancolie implacable. Et certains soirs, c’est vrai, les verres de vin s’imposent comme les arguments d’une mauvaise plaidoirie, dans laquelle on essaierait de défendre nos théories et justifier cette permanente envie de se cramer. L’ivresse, atteindre le moment où le corps dit stop et que le cerveau répond toujours…concentrer le reste de notre énergie pour entretenir une pensée. Ces quelques minutes avant qu’un sommeil d’ivrogne nous gagne, sont comme un grand tri dans nos têtes encrassées. On part pour un certain coma avec ces sacs de nœuds que sont nos vies, et on verra plus clair quand on se réveillera…Mais sommes nous certains de vouloir nous réveiller?

 

LA JEUNESSE (par Ertzin)

« La jeunesse, en France, on ne l’admire que chez les vieillards.

Il n’y a d’ailleurs que là qu’elle soit admirable. »

Maurice Martin du Gard.

Il y a deux millions d’années, les jeunes avaient déjà des problèmes. A l’époque, être jeune, ça voulait dire avoir entre sept et dix ans, et il n’y a avait pas d’atelier gommettes à la maternelle, de toute façon, il n’y avait pas d’écoles. Les occupations étaient bien différentes de celles d’aujourd’hui, ils allaient à la chasse, fabriquaient leurs armes, passaient des nuits blanches devant un feu, mais pas pour jouer de la guitare, simplement pour le garder allumé, ils essaient de pas se faire croquer par un ours quand ils allaient ramasser des champignons, la jeunesse était une lutte permanente, s’ils voulaient mourir de vieillesse à quarante ans.

Plus tard, plus proche de nous, certains usaient leur jeunesse dans les cultures, avec le bétail, grappiller quelque récoltes, et permettre à leur famille d’être en mesure de payer l’impôt à je ne sais quel seigneur qui en retour leur promet une protection toute relative. Pour d’autres, en revanche, ceux qui vivaient à la cour dudit seigneur, la jeunesse avait un autre goût. Les tables bien garnies, les nourrices attentionnées, les maîtres d’armes, la musique et la lecture leur permettaient de se construire une culture, chose qui au moyen-âge, n’était possible que si l’on rentrait dans les ordres ou si l’on était noble.

Au fil du temps, l’amélioration du confort, les progrès de la médecine, l’allongement de la durée de vie changent irrémédiablement, les rêves, les objectifs, et la définition même de la jeunesse. Souvent sollicitée pour sa disponibilité et sa vitalité, elle a de nombreuses fois contribué à gonfler les rangs de nos armées, quand il s’agissait de repousser l’envahisseur, qui se trouvait être bien souvent le même. Et, elle en a mangé du plomb, la jeunesse. Et après, c’est ce qu’il en restait qui reconstruisait le pays. Bref, la jeunesse a toujours été plus ou moins occupée et constructive.

Seulement, depuis quelques années, on n’a plus trop cette impression.

« On ne sait plus aujourd’hui à qui faire la guerre,

ça brise le moral de la génération. »

Jean Ferrat.