Narcisse ; QUATRE, autoportrait(s)..!

Venons-en au fait, via une galerie de peintures des plus connues, considérant l’autoportrait au même rang que la nature morte, et nous voici dans cet article imagé, sans trop de texte (autoportrait se définit par vidéos, peintures et poème dans ce QUATRE :

« Lapin de garenne mort avec poire à poudre et gibecière. » de Jean-Siméon Chardin (1730)

Goya – Nature morte avec tranches de saumon – 1812

Pieter Claesz – 1597-1661

Eugène BOUDIN (1824-1898) Nature morte au potiron ca. 1854-1860 huile sur toile 56,5 x 83 cm © MuMa Le Havre / Florian Kleinefenn

 

 La nature morte se rapporte presque systématiquement du fameux « memento mori« / »carpe diem » (souviens-toi que tu vas mourir), de par le choix des objets ou choses représentés et de leur état de décomposition… Ainsi j’étends cette idée que toute œuvre artistique est une sorte d’autoportrait, et je choisirais alors Baudelaire, Une charogne, si je devais arrêter un seul texte, poésie-autoportrait :

Une charogne

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s’élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !

Maintenant place à quelques autoportraits, en peinture, célèbres :

Rembrandt

 » Dans la lignée des autoportraits de Rembrandt, apparaissent ceux de Van Gogh qui, à la façon du style expressionniste de la fin du 19ème siècle, explore son identité intérieure entre 1887 et 1889. » (histoiredarts.blogspot.fr)

PICASSO

 

Allez, voila pour cette ouverture à ce moment, pas trop fouillée, mais dont le gouvernail se nomme toujours NARCISSE, être étrange avec lequel nous allons clore lors de la dernière partie à suivre… Narcisse CINQ contre UN, ou Narcisse en vacances au libéralisme ! Et souvenons-nous en riant, en nous matant dans la glace, de notre fragilité d’êtres vivants…

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