Archives pour l'étiquette guerre

Cher Ertzin, deuxième partie…

La « der des ders » ‘ (comme Julien Lepers, là où j’en suis resté…!), encore une de bien vendue, et chacune bien nommée, depuis les chocs pétroliers nous sommes entrés dans l’ère des guerres pacagées.

L’Histoire cycle et l’homme recycle (l’Histoire est science humaine). L’ennemi que l’on nous vend, donne, pourrait être ce migrant dont les conditions de fermeture des frontières ouvriraient un nouveau front mondial, fracture et cicatrice ; un remake de 1914, « façon puzzle » et non plus « macédoine des peuples »… Du même épicentre : l’Autriche-Hongrie.


« Les horreurs de la « der des ders » leur avait appris la valeur de la vie et que finalement, la grande Europe était une utopie… » tu écris, certes, elle n’était pas encore un projet étasunien ! [Nous avons un article sur Pierre Jovanovic par ici…] Rothschild family n’avait pas mis le cap sur les states, … cette même famille que l’on soupçonne d’avoir fabriqué le commerce des armes et l’état de Première Guerre Mondiale ; d’où ma référence à la fin du XIXè et à Sherlock Holmes dans la première partie (précisément le scénario de « Jeu d’ombres », film 2 de Guy Ritchie…(Clin d’œil aux mouvements anarchistes d’époque, au dérèglement des sens opéré par le héros…)

Une guerre pour justifier la fabrication d’armes, redessiner les lignes mouvantes d’un Empire du fric et réguler sa population, son bétail, décimer une classe d’âge… La Serbie est d’actualité en 1914, l’Angleterre, la France, l’Autriche-Hongrie, l’Allemagne de Weimar va naître … Ces pays sont encore sources de soucis cent ans plus tard… Une guerre pour maquiller le pouvoir du fric en appellation de nations… Et le pays de la bannière étoilée prospère à peine stabilisé n’avait encore aucun intérêt ou destin à jouer dans cette Europe moribonde, sans que l’on lui supplie.

Mais comme nous l’avons déjà écrit à la fondation de RMI’z, pas de politique sur ce média.

« (…) Paradoxalement, c’est en voulant imposer le concept alors nouveau de l’über-mench, que les nazis ont validé pour toujours la profonde aversion de l’homme pour sa supériorité intellectuelle, en se réduisant à la condition des animaux lambdas, qui se foutent sur la gueule pour protéger un terrier, ou voler celui de leurs congénères. » Tout juste !

Les nazis ont inventé le remplacement de l’être humain par un numéro, le tatouage et l’empilement… Le libéralisme puritain américain perpétue et pousse encore plus loin cette idée. Ces mêmes américains, leaders politiques et commerciaux et militaires, avaient d’abord laissé faire Hitler à volonté… Pour une grande Europe unie.

« (…) tous morts et incrédules… (…) n’apparaissent aucunement dans mon agenda. « la France est en guerre… » nous dit souvent le gouvernement, mais pour l’instant, c’est pas les militaires qui tombent le plus…(3 morts pour un an et demi d’opération Serval, 82 pour une heure et demie de concert…)… » Tout juste et froid dans le dos..!

Oui ce sont les drames, il faut croire et applaudir … Il faut payer au prix fort. Si tu n’as pas de croyance, tu n’es plus cet homme numéroté ou tatoué, … alors tu n’existes plus ! [Rappel de l’article de Morgan… : La Guerre Ontologique…] Si tu n’achètes pas et ne consommes pas les lessives de la conscience et les poisons en tous genres (nourritures, cosmétiques, apparats…) dont tu disposes grâce à ton POUVOIR d’achat d’esclave dont tu mendies les chaînes, tu n’existes pas.

Nous sommes Verdun, oui, en première ligne, et devons vivre pour en crever dans d’atroces souffrances !

A. Soral écrit dans « Comprendre l’Empire » le fait que la démocratie, par le suffrage universel, est un moyen malin d’imposer les décisions par l’adhésion d’au moins 50% des citoyens + 1 (ici citoyens = les croyants, les votants) ; véritable dictature, tumeur, populaire, donc de la majorité… caressée et enculée dans le sens du poil…

Pour terminer, tu as raison, complotons, mon cher… Ou dé-complotons, selon !

Un calendrier 2015 : philosophies, HFT et pas que … 12 titres et pin-up’s! (1er trimestre : 3 éphémérides)

 

Histoire du nom des mois occidentaux- Calendrier romain:

  • Janvier : provient du nom du dieu Janus, dieu des portes (de janua, « porte » en latin, selon Tertullien), des passages et des commencements dans la mythologie romaine, représenté avec deux visages opposés, car il regarde l’entrée et la sortie, la fin et le début d’une année.

  • Février : du latin populaire febrarius, dérivé du latin classique februarius, issu du verbe februare « purifier ». Février est donc le mois des purifications. Voir aussi Apollon

  • Mars : provient du dieu de la guerre Mars (le retour de la période permise pour entamer une guerre).

Et oui alors que tous se sont pressés de proposer leurs vœux dès la veille pour cette nouvelle année 2015, RMI’z tend à vous proposer plutôt un calendrier funky-philosophie. C’est à l’humeur du chef, comme en cuisine, quelques maux et visions pour chaque mois à venir…!

Ainsi donc me basant sur un calendrier apostolique-romain, je me résous à m’inscrire dans ma seule connaissance et la seule civilisation que j’ai vécue jusqu’ici, racontant ma vie par des sagesses philosophiques et leurs musiques intégrées. VISION SUBJECTIVE au menu.

Dans ma poésie, Janvier = j’enviais ; Février = fais vriller ! Et Mars est la Guerre ainsi que sa planète et son dieu…

Avant ceci un petit jingle mongol histoire de remplacer les vœux :

 


Janvier = j’enviais

janvier
Alors janvier, premier mois de l’année sonne comme une naissance, pourtant :

en janvier j’enviais je marche sur mes pieds

avec ce déséquilibre de l’homme non-libre

celui qui titube et surtout plie sous le poids

du désir malsain, la jalousie de mon alter-ego.

Comme l’a souligné mon ami Ertzin, premier titre et première descente aux enfers… par la face nord…! Il y eut donc ascension pour cela !

Renaître à soi, l’éternel retour, s’élire roi…. Janvier et son épiphanie,

gloire au tirage au sort des élus, comme l’indique une lumière : Etienne Chouard.

Alors à contre-courant, janvier est pour moi le mois de la guerre, de Démocrite (philosophe grec du matérialisme, dont le nom signifie « choisit par le peuple ») instaurant donc la pin-up suivante ainsi que le tire suivant (ma philosophie de janvier étant de vomir ma médiocrité, mes excès de l’année écoulée… et de dénoncer mon être livide décérébré et la guerre que je prépare… dans moi.)

Notre PIN-UP JANVIER 2015 :
IMG2090

Janvier peut inclure la Saint-Vincent bien sûr, saint patron de la vigne, la veille du 23 janvier  … et la percée du Vin Jaune débutant le 31 janvier…. et finissant le lendemain. Transition toute trouvée pour février et sa pin-up


Février = Fais vriller !

 Si février est le mois de l’amour (Saint-Valentin? et surtout d’Apollon) alors la pin-up sera inhumaine!

février et sa pin-up : 14368_103739439645559_100000285112020_97830_4028506_n

Le philosophe choisit est alors double :
Diogène de Sinope, le cynique
Diogène Laërce, plutôt proche d’Épicure.

La chanson du mois sera donc un hommage comme un appel à l’aide consentie, mois de la main tendue:

Vriller n’est pas « faire nimp » dans mon imaginaire,

vriller comme exploiter sa pensée, ses remous,

balbutier de prise d’équi-libre et « ivre de prolixin ».


 

MARS est la guerre …

…, enfin selon le dieu romain… car j’y verrais d’avantage le printemps revenir, ce qui est lié… Fonte des glaces guerres perdues en Russies pour 3 empereurs au moins… !!

Ma pin-up se réalise par un hommage détourné à Saudek et à quelques tchèques chers à mon cœur… printemps stipule Révolution dans mon fort intérieur.

mars’S PIN-UP :

thumb

Si la guerre est invoquée alors Nietzsche le serait, mais que nenni, il symbolise non pas le belliqueux mais le visionnaire équilibré… ne s’empêchant pas de mal finir..! Mais ce sujet, je vous y renvois bientôt, au prochain article
Il est vrai que la guerre récupère autant ses non-penseurs que ses victimes… comme l’a déjà évoqué Morgan Richard dans La guerre ontologique.

Pas d’hommage à la guerre nous concernant, ni aux religions, alors Jacques Brel « Au printemps » et « l’ode à Nietzsche » de Jim Morrison (datant étrangement de la même époque et de la même ville)  constituent ma vision de Mars :


alors bon trimestre à tous… de la part de rmi’z !!!

 

La guerre selon Dantec, hommage à l’homme de 1999, déception 2014!

gruemedia

Il fut une époque, une quinzaine d’année, où Maurice G. Dantec était chercheur lucide, provocateur, mais fondé sur son travail et sa prise de drogues. Hors cette hygiène de vie a laissé des traces irréversibles, et après quelques fulgurances, Dantec est mort en soi, vive Dantec! C’est un hommage à l’homme, le cerveau fou, de 1999 que je souhaite rendre ici, l’année où il s’installa à Montréal et où je le rencontrais à Besançon … Avant ses dérapages pro-atlantistes et anti-arabes. [En 1999, sortait « Babylon Babies » son troisième roman, gaché au cinéma par Mathieu Kassowitz et Vin Diesel avec « Babylon AD » ; j’achetais « La sirène rouge » son premier roman de 1993 avec sa dédicace « Bienvenue sur l’autoroute des ténèbres » adjointe d’une étoile de David.

dantec99

 Cette fois nous y sommes aux ténèbres tant redoutées.]


Rabelais, que pourtant ne nous pouvons tacler dans son héritage, écrit « le rire est le propre de l’homme » en 1574.

« Mieulx est de ris que de larmes escripre,
Pour ce que rire est le propre de l’homme. »

— Rabelais, Gargantua

Maurice G.  Dantec infirme que c’est bien plus « la guerre le propre de l’homme », dans son « Le théâtre des opérations (journal métaphysique et polémique 1999) » [GALLIMARD], passant en revue les conflits de l’année mentionnée, et de l’histoire de l’humanité. Très bon ouvrage, très ambitieux, s’attaquer à l’historique de la guerre dans le monde et prouver que l’homme y touche à son fondement, Dantec n’a cessé de produire des perles de romans de fiction d’anticipation : « Les Racines du mal » (1995 ; Gallimard), « Villa Vortex » (2003 ; Gallimard), « Cosmos Incorporated » (2005 ; Albin Michel), « Grande Jonction » (2006 ; Albin Michel), et le bluffant « Artefact : Machines à écrire 1.0″ (2007 ; Albin Michel)… Malheureusement, il a pris cher dans son crâne en ébullition semble-t-il, mais je me promets de lire les nouveautés si je tombe dessus, malgré sa dernière apparition pitoyable. Faut-il accuser son ex-agent, monsieur David Kersan, de l’avoir traité comme un enfant-esclave tel un footballeur africain en Europe….?????????????????? Moi j’ose ! Quel gâchis !

 

 


EXTRAITS « Le théâtre des opérations »:

Comme les Anglais et les Américains, les Français et les Québécois forment deux peuples séparés par la même langue.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 15

Le problème du fascisme : comment faire des génies avec des idiots. Le problème du communisme : comment faire des idiots avec des génies.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 30

Ce que je partage peut-être de plus profond avec Houellebecq : comprendre la littérature comme un programme de survie.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 49

Une connaissance sans danger est comme une éducation sans douleur. Elle ne vous apprend rien.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 55

Une amitié se mesure surtout à celles qu’elle rend superflues.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 69

Le style ne doit faire qu’un avec l’idée, comme le sabre avec la main.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 76

Il n’existe pas de loi qui soit cool.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 128

Les certitudes sont les ennemies de la vérité.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 159

L’érotisme, c’est la mort mise en laisse par la vie.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 159

La vérité est un couteau à double tranchant, et sans manche.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 181

L’architecture, cette musique de l’espace qui commerce avec le temps.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 183

Ces « philosophes »… qui ne font trembler personne !

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 211

Ma version préférée de Singin’ In The Rain : celle d’Orange Mécanique.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 213

Le capitalisme est le système d’exploitation dont l’homme est l’ordinateur.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 223

Il y a deux manières de combattre la liberté de pensée: sa suppression pure et simple et le droit donné aux abrutis de la recouvrir de leur bavardages.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 295

Naître et ne pas être, telle est notre condition.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 312

Comme le savait Baudelaire, le génie, c’est l’invention du cliché.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 376

2001 et Apocalypse Now : l’Odyssée et l’Illiade de l’Amérique moderne.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 379

Que l’on comprenne bien ceci : je ne reconnais presque rien de mes œuvres précédentes.
Mais c’est parce que chaque œuvre s’est efforcée de détruire celle qui l’avait précédée.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 425

Il existe deux catégories de bons élèves: les premiers de la classe qui suivent les directives éducationnelles du système, et obtiennent les gratifications en retour. Et les premiers de la classe qui sont au-delà de toute classification, qui ont une, deux, trois, sept classes d’avance, et qui finissent par rejoindre les cancres dans la procédure d’éjection hors du système, à un moment ou à un autre.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 437

Ces pédagogues qui affirment que l’instruction des connaissances suffit à faire un homme intelligent, et qui claironnent que l’intelligence suffit à faire un homme cultivé, alors que la plus haute culture ne suffit même pas à faire un homme éveillé !

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 437

Ces mêmes pédagogues qui prétendent que l’expression de soi est un justificatif suffisant à l’élaboration d’une oeuvre d’art, ou d’un quelconque discours vaguement apparenté comme tel alors qu’une oeuvre d’art n’est un tant soit peu pertinente qu’à la condition de détruire le moi de l’auteur, et si possible celui de ses lecteurs, auditeurs ou spectateurs !

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 440

Qu’est-ce qu’une authentique liberté ? C’est le moment où une vérité concernant l’état général de votre condition vous éclaire, à tel point qu’une distance critique s’effectue entre vous et le monde d’avant, que vous êtes en mesure de déployer vos ailes et d’acquérir un peu de mobilité, un peu d’autonomie en regard de la foule des combinats sociaux, puis très vite, vous voilà face à la vérité dénudée dans toute sa cruelle lumière: cette liberté s’anime sur un jeu de contraintes supérieures, celles du monde d’après, auquel il vous faudra vous adapter (y compris en luttant de toutes vos forces contre lui).

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 442

Positivisme, nationalisme, racialisme, socialisme, communisme, anarchisme, toutes ces idéologies hégéliennes (ou para-hégéliennes) de l’État, ou du non-État du progrès et de la technique, ou de l’un ou l’autre de ses nombreux avatars, ont littéralement détruit toute la philosophie occidentale, ont anéanti tout au-delà de l’homme, et donc sa seule identité possible : son devenir, pour le jeter dans l’au-delà de l’État et de la technique […].

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 489

`

Lorsque l’homme se libère de la gravitation terrestre, c’est pour subir les contraintes de l’apesanteur.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 442

Écrire, c’est parfois la seule façon possible de garder le silence.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 453

Lorsqu’une idée règne, elle se trompe ; lorsqu’elle gouverne, de plus, elle ment.

  • Le Théâtre des opérations (1999), Maurice G. Dantec, éd. Gallimard, coll. Folio, 2002, p. 506


     

 

Le monde est moderne, il change, on ne parle pas de la femme dans ces citations, pourtant la femme est réputée pour prendre le pouvoir dans ce monde qui l’a maltraité par le passé, réputée aussi pour sa recherche de sécurité, mais à cette époque de « castration ( ?) » du mâle, de la masculinisation de la femme, on ne saurait trop dire où « collectivement » nous allons… ?

 

 

Car si l’on jette un œil en arrière, en antiquité, au néolithique ou à l’âge de fer, comme en 14-18, c’est que l’homme aime à se fouttre sur la gueule, toujours, avec son voisin, à l’instar des guerres entre français et anglais au moyen-age… ou encore des conflits entre japonais-coréens, entre chinois-japonais et diverses variantes voisines.

 

Ceci étant posé et écrit, la grande réflexion sur « la guerre ontologique » est proposée par notre reporter Morgan Richard en lien sur notre média.

La guerre ontologique

 Dans l’idéologie moderne, la guerre, c’est ce qui est là, toujours là, mais dont l’existence est incompréhensible, insupportable. Le pari que l’homme a fait avec lui même a été d’éliminer la guerre, et chaque conflit commencé est une « der des der », le dernier affrontement nécessaire pour que survienne l’aire de la paix éternelle. Mais la guerre ne disparait pas. La guerre reste, et restera, même si tout le reste disparait.

 

 

 

Il faut porter la guerre en étendard. La guerre, c’est notre fierté, c’est notre insigne. Comme dit « Mafia K’1fry », cette guerre, c’est ma raison de vivre. Il faut penser la guerre, non pas comme ce qui est à éviter mais comme ce qui, d’une certaine manière, nous détermine. Il faut porter le poids de la guerre ontologique.

 

 

La démocratie n’est pas le meilleur, ou le moins pire des systèmes. La démocratie, et son corolaire, le bio-pouvoir, est une grande machine à pacifier, à éliminer les différences. Le projet de ce système est l’homme sériel, ses armes sont la Norme faite flic et la menace des camps, hôpitaux psychiatriques, prisons, chômage pour tout ceux qui ne se soumettent pas à la série. Ce matin, je suis allé à la banque, et l’on m’a baptisé d’un nombre, « D 023 ». Un nombre, à côté d’autres nombres, telle est la société du contrôle, ployant sous une détermination schizoïde de désirs contrefaits, rêvant de transformer les humains qui la compose en une suite de numéros.

 

Cette société moderne invente le genre humain, l’homme comme essentiellement un. C’est qu’elle a peur, cette société, de la violence révolutionnaire de la multitude, du feu qui jaillit du grand jeu des différences. Mais l’homme est un concept vide, qui décrit, toute au plus une certaine disposition physiologique. Ce qui, au delà des manipulations du contrôle, constitue la réalité nue, ce sont des sommes de différences,  une altérité essentielle à la base de tous . Je est un Autre, et chacun est différent de moi. Chaque individu est une énigme. Plus profondément, comme l’a dit Crowley, chaque homme et chaque femme est une étoile. Ou bien un Dieu, un univers. Et chacune de ces étoiles est déterminée par ses propres penchants, est blessée ou grandie par des choses différentes. Et aucune de ces étoiles ne peut se comprendre comme un atome fermé sur lui-même. L’individu est essentiellement un rapport. Rapport entre des forces qui le fondent. La conscience comme enregistrement a posteriori du jeu de ces rapports de forces, de ces « machines désirantes », comme dirait Deleuze, qui ne sont pas enfermés dans le moi, mais se compromettent irréversiblement avec le monde. Lorsque je tombe amoureux, ce sont certaines de mes forces, de mes machines, qui se connectent avec les machines de l’autre.  La relation est une équation telle que 1+1 égalent 3, la connexion de ce toi tellement Autre avec moi, crée des liens nouveaux tels qu’il existe quelque chose de plus, qui n’était pas là avant notre relation. Ainsi, en me jetant dans le monde, et en échangeant avec les planètes hommes qui le peuple, j’accomplis ce qui est le but de l’existence. Je Deviens, j’augmente ma puissance, j’agrandis cette toile qui est ma vie. C’est l’amitié, ou l’amour. Et l’inimité, la guerre, se conçoit comme un rapport où diminuer les forces de l’autre augmente ma puissance. Tiqquun dit que l’intensité des affects qui ont été mis dans les concept d’amitié et d’inimité montre l’importance sociologique et vitale du jeu de la puissance.

Le fonctionnement normal du social, c’est la constitution de machines de guerres, de planètes humaines qui entrent en orbite parce qu’elles ont les mêmes penchants, et créent système. Ce système, ces machines de guerres, ces tribus guerrières, se heurtent avec d’autres systèmes qui ont des penchants antagonistes, foncièrement autres. Ainsi, la guerre, est une manière pour chacune des deux tribus de s’augmenter. Elle n’est pas un besoin d’éradiquer l’autre.  L’ennemi est aussi nécessaire que  l’ami, parfois plus nécessaire, et le guerrier sait aimer son ennemi, lui être reconnaissant pour la guerre qu’il lui offre.

guerruer

On pourrait dire que le jeu politico-énergétique entre  humains, tel qu’il se déploie dans les entrechoquements cataclysmiques des forces qui nous constituent, crée soit des rapports d’amour, au sein d’une même machine de guerre, d’amitié, dans les rapports avec des systèmes alliés, ou de guerre. Ces trois rapports sont tous les trois nécessaires. Ils constituent les possibilités du conflit. Le conflit, c’est cette intensité des forces qui se mettent en rapport, sans cesse et dans toute les directions. Ce jeu politico-énergétique, accès sur l’augmentation de  la puissance de chaque joueur, est le « devenir sauvage », le chaos dansant qui sans cesse agit le monde, et transforme chaque humain en soleil, un processus érotique tendu vers le plus, sans début ni sans fin. C’est le jeu du « multiple pur », affirmation du sans cesse autre – la vie, telle qu’elle s’incarne dans des forces infiniment différentes, toutes parfaitement belles et redoutables.

Il y a un pan négatif à ce jeu. Nietzsche parlerait d' »énergie négatrice », réactionnaire. Il parlerait  d’une passion hypnotique pour la mort, la volonté de mort, le nihilisme sous toute ses formes.  Ce vouloir d’esclave n’est  tendu non pas vers le devenir éternellement liquide des hanches de la déesse et du vin de Dionysos, mais vers la peur d’être, la haine de tout ce qui est trop , trop brillant, trop puissant, trop lumineux, et la volonté de faire de la vie une petite prison dorée, avec juste assez de lumière qui passe entre les barreaux pour pouvoir haïr le soleil. Et cette volonté de mort, ou de conservation d’une vie atrophiée, est partout triomphante. Elle a mise au bagne tout les joueurs, tranche les talons de tout les danseurs. Le conflit horizontal c’est transformé en pouvoir vertical d’atténuation des rapports de forces, en réseaux tentaculaires de cellules cancéreuses qui mangent chaque parcelle du jeu énergétique sain. Qui dénoyaute les machines de guerres, déconstruit les réseaux de solidarités informels, et instaure à leurs places un fantôme d’égalité, une éthique molle d’esclave humaniste, un océan de fantômes indistincts, sans formes ni vie, en permanence contrôlés et se contrôlant les uns les autres, pour que le djihaad, la guerre ontologique, n’apparaisse jamais. Cracher sur la vie, sur la terrible, violente et belle vie multiple et chaotique, et en faire une espèce de camps de rééducation, projet de pacification à code barre. 

Visuel

 C’est pour cela que la cible du contrôle, son pire ennemi et l’objet de sa propagande télévisuelle, ce sont tout ces groupes qui ont su garder, ou se constituer en machines de guerres – Roms, gangsters des cités, rebelles afghans, squatteurs, punks – … Partout où la solidarité, l’amour et les coups de savates se diffusent à l’horizontal, sans qu’il  n’y est besoin de patron ou de processus bureaucratique pour gouter au sang rouge comme du vin et sentir la chaleur du soleil. Et là où auparavant on rencontrait une sorte d’éthique guerrière, du respect pour l’ennemi qu’il faut conserver comme part du jeu  politico-énergétique, il n’y a plus qu’une froide volonté d’extermination. L’extermination, le génocide, c’est la guerre du contrôle, sa manière de traiter ce qui fait obstacle a son projet de pacification universel.

 

Il faut remplacer la solitude ontologique qui est le propre du contrôle, arrêter d’être cet humain sans qualité, et porter la guerre . Affirmer sa différence, non plus comme cette tare qui nous empêchera à tout jamais d’avoir ce taf tant désiré, mais comme le plus bel hommage fait a la vie, goutte de rosé qui tombe du sexe de la déesse et nous féconde. Partir de cela, remplacer la honte et l’esprit de vengeance par une affirmation solaire, c’est aller nu vers un signe, c est être enfin vrai, Dionysiaque. Affirmer l’événement qui ne manquera pas de venir comme synthèse parfaite de la danse du chaos. Ployer de toute sa puissance vers cet événement, et ainsi, rencontrer des frères ou des sœurs pour s’organiser en réseau de malfaiteurs. Les rencontrer, comme par chance, au détour d’un carrefour, ou d’un bar tard le soir. Car la chance , comme le disait un ami, ce n’est jamais qu’une question de puissance.