Archives pour l'étiquette blues

Seasick Steve: la dèche, le blues et le reste.

Seasick Steve, littéralement « Steve Mal de Mer », on dirait un surnom de pirate, ou encore l’un de ces sobriquets que se donnaient les biffins américains, à la grande époque entre salves de mitrailleuses et virées au bordel.

Chers Mongols, laissez-moi vous présenter Steve Gene Wold. Du haut de ses 74 ans, caché derrière une barbe grise de trois ans, et sous une indéboulonnable casquette « John Deere », quand il entre sur scène, une bouteille de vin rouge à la main, on sait qu’on va pas écouter du Kanye West.

sss

Faiseur de blues depuis depuis les années 60, ce fils de pianiste de Boogie-Woogie ayant quitté le foyer familial à 13 ans, peut s’enorgueillir d’avoir côtoyé  et travaillé avec les plus grands, à savoir John Lee Hooker, Janis Joplin ou encore plus tard, Kurt Cobain. Ce contentant simplement de ces collaborations diverses, Steve Gene Wold poursuit une carrière loin des codes habituels. Antistar complète, il partage sa vie entre le blues et les voyages, notamment en Europe, et plus particulièrement en Norvège. Et c’est en Norvège qu’un ami lui donna le surnom de Seasick, constatant l’incapacité de Steve à monter sur un bateau sans être malade, et qu’il rencontr

a sa femme, avec qui il aura cinq fils.

De retour aux Etats-Unis, dans les années 90, il fonde à Seattle son propre studio d’enregistrement, ce qui lui permet de rencontrer des artistes de la mouvance rock et grunge en place, et donc Kurt Cobain.

« En grandissant, mes enfants avaient moins besoin de moi, alors je me suis dit que je pouvais peut-être composer un album… »

images3O1D3ZQ7Bim! 2004, sortie de « Cheap », en collaboration avec le groupe suédois The Level Devils. Cet album est une bouteille de bourbon vide, jetée dans la mare dormante qu’étaient devenus tout ces sons américains, le blues, la folk, et le boogie… Avec des morceaux comme « Rockin’ Chair » ou « Hobo Blues », Seasick Steve ne dépoussière pas un genre musical, puisque qu’il en a été témoin et acteur, non, il en est le rapporteur.  Ce gars en salopette tachée et tee-shirt troué nous laisse l’impression d’avoir fait une sieste de 40 ans et qu’il se réveille aujourd’hui, en produisant un son, non sans influence, mais sans reverb’ à la con, synthétiseur, ou autres fioritures qu’on penserait indispensables pour faire aimer un vieux son à la jeunesse. Non,  pour lui :

« Le blues, c’est bon quand c’est sale ».

S’en suit une série d’albums dans le même ton,  sept au total, de quoi ravir toutes les oreilles friandes de ce qui se fait de plus authentique, et s’il vous plaît, servit par un artiste qui respire encore!

Fabriquant lui même ses guitares, il s’amuse à chaque concert à expliquer de quoi telle ou telle guitare est faite, tantôt un filtre à air de voiture, tantôt un bidon d’essence, ou encore une planche à laver, fortement mise en valeur dans ce morceau:

Bref, le gars en impose, et s’il vous prend l’envie de vous décrasser les étiquettes avec des watts et du son pur jus, prenez donc un morceau de ce que l’Amérique a produit de meilleur ! A déguster sans modération.

Bror Gunnar Jansson. Nationalité : suédoise. Profession : homme-orchestre. (Par Batiste)

Article créé par Batiste et retranscrit par Dàrio, d’après une rencontre commune.

 

 

Il avait un premier album au compteur et cela faisait des années qu’il tournait en Suède, son pays d’origine… En 2014, Bror Gunnar Jansson a profité de la sortie de son nouveau disque, Moan Snake Moan, pour faire ses valises et prendre le large, direction la France. Après une première tournée qui a duré tout l’automne, le musicien suédois va reprendre les concerts en février prochain, avec entre autres une date parisienne.

 

Son style musical, c’est le blues. Un blues qu’il pratique seul : sur scène, Bror Gunnar Jansson ne peut compter que sur sa guitare, ses éléments de batterie et ses cordes vocales. Son répertoire est plutôt varié, alternant des boogies frénétiques et rugueux qui font taper du pied, des ballades plaintives, une valse psychédélique… Bror Gunnar Jansson n’est pas un excellent guitariste, mais il lui suffit de quelques notes pour transporter le public dans son univers, signe que l’on a affaire à un véritable artiste. Sa voix, reconnaissable entre mille, contribue à ce que ses prestations laissent peu de monde indifférent. Il serait sans doute exagéré de comparer Bror Gunnar Jansson aux plus grands du Delta Blues, mais l’alchimie fonctionne et l’on ne peut que se réjouir de voir la monotonie de notre paysage musical brisée par un tel talent.

 

 

La sortie l’album Moan Snake Moan a été saluée par quelques grands médias, qui n’ont pas manqué de s’émerveiller que l’on puisse faire du blues en Suède. Mais est-ce si étonnant que cela ? Le blues s’est complètement mondialisé. De nos jours, les afro-américains sont peu nombreux à le pratiquer et même à l’écouter, mais le blues a suscité des vocations dans le monde entier, surtout en Europe, mais également en Afrique. De telle sorte que la grande majorité des visages du blues d’aujourd’hui – qui, de fait, n’a plus grand chose à voir avec le blues des origines… – sont blancs. Ce qui est bien plus étonnant, en revanche, c’est que Bror Gunnar Jansson parvienne à introduire sa conception du blues, sans concession, dans les médias français. Et pour le coup, c’est une excellente nouvelle !

 

 

 

 

Les propos qui suivent ont été recueillis le 4 octobre 2014 lors de l’Azimut Festival, à La Pesse (39).

 

 

RMIz : Comment se fait-il que ton dernier album soit sorti sur un label français ?

 

Bror Gunnar Jansson : C’est vraiment une coïncidence. J’ai fait connaissance avec le propriétaire de ce label peu de temps avant qu’on réalise cet album. Au départ mon disque devait sortir sur un autre label, mais ils ont fait faillite, donc je me suis tourné vers Normandeep Blues. Je suis vraiment content de l’avoir fait car Nicolas Miliani, le propriétaire du label, est un gars cool et il fait du bon boulot.

 

RMIz : Tu joues aussi dans un groupe, Serve You Right To Suffer… Quand tu fais des tournées en tant que one-man-band, tu es seul sur la route ?

 BGJ : Parfois je pars vraiment seul, en particulier quand je tourne en Suède. Ici en France, je fais une bonne partie de cette tournée tout seul, mais sur certaines dates, il m’arrive d’être accompagné de Nicolas de Normandeep.


 

RMIz : Quels sont les pays où tu pars en tournée ?

BGJ : Je joue principalement en France et en Suède, pas tellement dans d’autres pays.

 

RMIz : En Grande-Bretagne ?

BGJ : Je l’ai déjà fait mais il y a des années…

 

RMIz : Est-ce que tu aimerais jouer plus ?

BGJ : Je fais suffisamment de concerts. Tu peux toujours en avoir plus, c’est sûr, mais c’est bon, j’ai ce qu’il me faut. C’est cool, je gagne ma vie.

 

RMIz : Ton premier instrument était le saxophone ?

BGJ : En fait, le tout premier instrument dont j’ai joué était le violoncelle et quelques années plus tard j’ai appris le saxophone.

 

RMIz : Quand est-ce que tu as commencé à jouer simultanément de la guitare et de la batterie ?

BGJ : Il y a cinq ou six ans, quelque chose comme ça… C’était une période où je venais juste d’arrêter le saxophone. Et comme c’était l’instrument dont je jouais dans mes groupes de l’époque, je me suis retrouvé sans groupe. Quand j’ai commencé, j’ai réalisé que je pouvais essayer de faire quelque chose tout seul. Mais ça m’a pris du temps pour me sentir libre en jouant plusieurs instruments à la fois.

 

RMIz : De combien d’instruments joues-tu actuellement ?

BGJ : C’est surtout sur la guitare que je me concentre. Ensuite vient la batterie, mais pas de la façon dont on en joue habituellement. J’ai fait de la basse électrique, aussi.

 

RMIz : Quand on écoute ta musique, on ressent un certain nombre d’influences du vieux blues des origines. Le morceau « Moan Snake Moan » fait par exemple penser à du Howlin’ Wolf… Quels sont tes musiciens de blues préférés ?

 

 

BGJ : Il y a tellement de choses… Staple Singers est un de mes groupes préférés. C’est du gospel très brut et bluesy. Mon époque préférée, c’est les années cinquante et soixante : Muddy Waters, Charlie Patton, Blind Willie Johnson

 

RMIz : Est-ce qu’il y a un one-man-band qui t’inspire plus que le reste ?

 

BGJ : Bonne question. Un de mes one-man-bands préférés est un ami à moi qui vit également à Göteborg, en Suède. Son nom de scène est Old Kerry McKee. Il m’inspire beaucoup, car sa musique est totalement différente de la mienne. Il est très bon… C’est dans la veine de 16 Horse Power, mais en one-man-band.

 

RMIz : Tu sembles être très sollicité ce soir, alors que nous sommes au fin fond du Jura. C’est habituel pour toi ?

BGJ : C’est plutôt habituel quand je viens ici, en France. C’est assez marrant de faire des interviews, de parler avec les gens…

 

RMIz : Dans les paroles d’un de tes morceaux, tu évoques la présence d’un serpent à sonnette dans ta chambre… S’agirait-il d’une petite amie ?

BGJ : Non ! (rires) Quand j’écris des paroles, je compose en utilisant des personnages. Donc les thèmes et les paroles n’ont rien à voir avec moi. C’est la plupart du temps basé sur une histoire, un personnage, un cadre, ou quelque chose comme ça. C’est juste des histoires.

 

RMIz : C’est vrai que souvent, dans le blues, il y a des paroles, des personnages, des thèmes qui reviennent d’un morceau à l’autre…

BGJ : En effet. C’est tout à fait ça, j’aime utiliser des références aux vieilles chansons de blues.

 

RMIz : En ce moment, on entend Paul Personne jouer. Tu as vu les balances ? Tu connais ?

BGJ : Non, je ne connais pas. Je pense que je vais aller jeter une oreille.

 

RMIz : Il n’y a pas beaucoup de gens qui font du blues en France et peu d’entre eux sont médiatisés… Paul Personne est l’un des seuls. Et encore, on ne l’entend pas beaucoup dans les médias. J’ai été surpris de te voir en juillet sur Canal+. Comment as-tu fait ?

 

 

BGJ : C’était de la pure chance. C’est grâce à une personne que je connais un peu en France et qui a une émission radio…

 

RMIz : Quel est ton sentiment sur Paris ?

 BGJ : En Suède, il y a neuf millions d’habitants. C’est à peu près autant qu’à Paris… Du coup, Paris, c’est un peu trop gros pour moi.

 

RMIz : Ta musique a plus de succès en France ou en Suède ?

BGJ : Peut-être plus en France, mais depuis peu.

 

RMIz : Comment l’expliques-tu ? En Suède, l’ouverture musicale semble plus grande…

BGJ : Oui peut-être, mais il y a peu de gens, donc ça ne fait pas beaucoup de monde qui écoute ce style de musique. Mais il y a une très bonne scène locale, il y a plein de bons groupes…

Revu en concert à Strasbourg quelques semaines plus tard, dans une ambiance plus intimiste, Bror Gunnar Jansson a rencontré un succès tout aussi grand. N’ayant pas tout son matériel avec lui, il a su adapter son répertoire et proposer un concert relativement différent du premier. On lui souhaite une excellente continuation !

Paul Personne arrive !

Rencontré lors du Festival Azimut de La Pesse, dans le Haut-Jura, Paul Personne y produisait le premier concert de sa nouvelle tournée, le samedi 4 octobre 2014, suite à la sortie toute proche de son album Puzzle14… le lundi 29 septembre dernier! Quel beau rendez-vous pour le festival qui fêtait sa 25ème édition, les festivaliers et l’artiste sur scène en combo blues (les bien nommés A l’Ouest)!

Puzzle14

Rien d’étonnant que celui-ci « parraine » notre média inspiré d’un titre de son complice de 2004 (Amicalement Blues) : Hubert-Félix Thiéfaine.

[Voir notre édito explicatif ; qu’est-ce que RadioMongolInternazionale intitulé de notre média issu d’une chanson « Un vendredi 13 à 5h »]

Un entretien avec le chanteur et guitariste et harmoniciste blues ce jour-là arrive ! Réalisé par notre spécialiste local blues, Marcus Micus, animateur de l’émission Shotgun Blues à Vesoul…