Archives mensuelles : octobre 2017

RADIOBOMB, explosion humaine prénommée ALEX !

 

Une fois n’est pas coutume, un article en franglais se dresse à vous. Pensez flemme, « copié-collé » ou autre, il n’en est rien (et tout). Le charisme de notre « invité » me l’impose, comme le « je » s’impose aussi à moi. Et ça ne fera de mal à personne un peu de bilinguisme.

 Il a commencé Circus Lunatek, et a bossé avec les systems Spiral Tribe et Bedlam [et d’autres] pendant les années 1990-2000 en Grande Bretagne et en Europe.

Á propos de son crew Spiral Tribe, tout a été dit, écrit, jusqu’à saoulage’ment, même sur notre publication ici (:).

Alex Lipman est Radiobomb, il porte avec ses activités et son pseudo [radio-actif] une idée douce et rampante de l’anarchie noble et altruiste, celle que nous nous faisons de notre monde à RMI’z (articles : cheval et évocation de la France perdue des années 50-60 à maintenant dans son gouffre…, Michel Onfray et la sagesse athée et savante, Narcisse et savoir passer de l’autre côté du miroir… et encore tant d’autres, l’Afrique adieu… … …).

Issus de l’under’gronde, il y a 20-25 ans, il y avait encore des fils (enfants et non câbles, quoi que ..!) de classes sociales bien définies (bourgeois, ouvriers, middle-class… se réunissant en zones franches auto-proclamées en uniforme de sweat à capuche et treillis…), c’est mort et aucun regret si ce n’est un peu de primitif dans l’âme. Depuis tout s’est délité. Regrets, ce monde s’enfonce, il a laissé les plus faibles sur le bord de la route (drogues, karma, etc..) par son libéralisme sauvage et sa loi du plus fort. Il nous fait croire que l’individu est responsable du sort de la planète, et passons-en des meilleurs. [Alex ajoute : « de son reality et la suite », traduisons réalité propre ou destin, que la sagesse pourrait proclamer  anti-« Amor Fati » ! ]…


Belle époque que les années 70, 80 et 90 d’un monde qui vacille seulement… lâche et burlesque et avec panache fut le comportement des hommes tel un rôle parfait de Jean Rochefort (plus britannique dans l’âme qu’un Wilson ou autre acteur franco-anglais)… au cinéma et dans les médias.

Clin d’œil.

Revenons à Alex !
Radiobomb est un type avenant, bosseur/hard-worker, généreux dans son boulot comme dans la vie (Nous nous sommes rencontrés en Bourgogne en novembre 2005 je crois…). Nous correspondons depuis quelques semaines par mail et il m’a fournit la matière riche de sa présentation orientée par mes questions, comme il offre lui-même dans son domaine à son public. Quand l’anarchie rejoint la piraterie et inversement. Radiobomb en valeur humaine, la bombe n’a rien de terroriste. Comme une bombe de peinture, de cotillons et une explosion gustative et florale de ses sons & beats (style obus en chocolat de Verdun ) !

Car le son est son domaine choisi.
La reine a perdu un sujet (plusieurs…!), la France gagne un citoyen (soldat) inconnu quasi anonyme…

(Commentaire amusé de l’intérressé :

« 

**** lol, c’est un peu trop cette phrase ! … Je reste identity anglais, même que je réside en France. 😊 . Bien sûr je ne distingue pas entre les nationalités, les gens sont les gens.

« 

)

[La France : ses plus grands personnages sont belges, polonais, ukrainiens, d’Europe centrale ou de l’Est par extension, italiens, portugais ou sud américains, bien sûr africains, asiatiques, britanniques …]
Sa pratique du français m’apprend l’anglais véritable, cela tend des ponts possibles en riposte du tunnel… (attention à la future chanson de Cantat « l’Angleterre » au passage cf Les Inrocks papier du mercredi 11 octobre 2017 par JD Beauvallet)

 

Son activité est brûlante, voire explosive, monsieur Radiobomb, Alex, au passé musical engagé tumultueux, prend tout de même le temps de nous la livrer et bien plus encore ! Que du bonheur, de la joie, et du son. Et il est étonnant et plein de ressources ce garçon…

 À la genèse de l’identité Radiobomb, il y a bien une création de radio pirate, voici ce qu’en dit Alex Lipman l’instigateur… :

27/09/2017 : « 

_So for the origin of Radio Bomb ;

 

Fan of Pirate FM radio, and D-I-Y attitude, we built our first station in ’91 from components bought from Maplins, helped by a friend who was a legend in pirate FM circles called ‘the technician’.

Inspired by an anarchist magazine called ‘Radio is my Bomb’, the name Radio Bomb Fm was born.

We built 4 radiostations & 2 link boxes; a 30w 12v FM rig, a 50w 12v FM rig, a 100w 24v FM rig, a 200w 220v FM rig.

The 12v & 24v rigs were used from the truck [20T horsebox], or hidden in a forest with a truck battery.

Link-boxes were used for source-to-rig fm connection and the FM rig amplified the signal for broadcast.

This meant we often broadcast directly from the dj-mixer [via the link-box] for the whole party/festival/squat.

When we did an install [such as the CAES, ris orangis, paris, or ladronka, cz, or la corneuve, or Toulouse] we used the 220v rig.

The 50w rig was left in Cz [Prague] in ’94 with some motivated czechs !

We were travelling from ’91-2003 with the radio transmitter in the truck, and have made hundreds of transmissions.

Pirate radio united the underground dj’s and crews. It was pre-internet and mobile phone.

It was a principle communication tool for organisers and soundsystems, even sometimes emitting the location of the event at a meeting point, sometimes the event itself…

With the advent of the internet and web-radio, pirate FM stations became less important as communication tools, or for content, due to the local-only reach of FM. « 

Et puis bien sûr en super producteur, maîtrisant en indépendant tous les volets et les étages de l’invention musicale electro, il a ouvert et tient son propre studio portant le même préfixe que la radio pirate achevée (son pseudo, Radiobomb) :

 » _studio …. Radio Bomb Studios is a fully featured recording facility set in 220m2 of purpose built rooms. We have used natural materials throughout, and the acoustics are great [internal walls are straw-bale].
Large spaces, live-room ; Decks station [up to 4 technics mk2 + freevox dj7 (refurbished)] + 5kw Noise Control Audio PA + 1kw JBL sub + 1kw Mackie active monitors, Drumkit, bass amp, live rack [dbx gates, & dynamics processors, Fx]. Treated room acoustics.
Stone-room ; large reveb space [18 x 5 x 8]m with reflective surfaces
Control room ; large format console [Soundtracs CM4400], UA Apollo soundcard, loads of rack gear [dbx, drawmer,focusrite,aphex,klark tekniks, etc]
Iso-booth ; big enough for a full drumkit, and currently housing the vinyl cutter also.
Huge mic-park of top quality mics, see website for gearlist !
www.radiobombstudios.com
« Á propos de disques vinyles et ainsi de choix de sorties et de format musical :

« _vinyl …. I cut dubplates here in the studio, using a modified T560 Vinyl Cutter. The process can also make picturediscs as well as 12″,10″,7″,5″ vinyl. We cut to 100% vinyl, NOT acetate ! So our dubplates last like a pressed vinyl.
Each track is mastered here for vinyl before the cut. We recently cut 12″s for a dub soundsystem which included General Levy, Elephant Man, Toots & the Maytals,and other well know ragga featurings.
We cut for various record shops, micro-labels, Dj’s, Sound Systems, and bands, as well as for Radio Bomb Records.
Max quantity 30 units, very small runs only…. these are bespoke vinyl ! … We cut anything 😊
Anyone interested can get in touch. Files sent to us via ftp, vinyl sent by post back to you.
« 

 

 

 

09/10/2017 : 

Cependant, j’aurais peut-être une question étrange…

 

on peut parler valeurs et racines familiales?

ça m’est venu ainsi… aurais-tu un mot à dire sur tes parents ou grands-parents (je respecte souvent plus l’époque de mes grands-parents…) je suis de 1979…

c’est pas artistique ou musical… mais as-tu des valeurs familiales que tu portes ? bombardement de Londres, économie anglaise, ou encore peut-être guerre de 14_18…?

on peut se passer de cette question, mais si elle te tente, n’hésites-pas ! Du coup ton regard sur le Passé, et ton regard sur le présent et sur l’avenir…

 

Merci …

 

10/10/2017 : 

 

« 

Hi Dario,

interessante ton Q.

Donc, il y a 2 chose; famille (et generational), et politique.

D’abord Famille ;

Je suis anglais, mais habite en Fr donc je ne voit pas ma famille souvent. Ma famille est de London, et j’ai un frere et une soeur.  Quand je mix en UK ils sont souvent la.

Avant demenager en Fr j’etais en mode ‘travelling’ pendant 12 ans avec ma femme Gemma, mon frere, notre system [circus lunatek], et la radio.

Je suis toujours proche a mon frere, et on a fait des choses exraordinaire ensemble a l’epoque avant internet/mobilephones.

En fait en UK on etait une quinzaine des poids-lourds et bus en convoy, toujours independant mais participatif dans les evenements major aussi que nos propre soirees.

En perspectif parentale je crois que mes parents n’a pas totalement compris ce mode de vie, mais ils etaient toujours eux meme dans une role de society de leur generation.

Nous, on croiser les nouvelles chemins, plutot que suivre les anciens roles.

Pendant les decades ils ont reconnu que je prends les risques, et biensur ils ont inquietter pour moi [surtout a l’epoque de violence policier [gas CS, coups de baton, charges CRS, conviscation de materiel, etc] au tour de ’96-2003].

Mes grandparents etait des inventeurs, et tres creatif. Ils ont compris le ‘besoin’ d’adventure que ce vie me represente… peut-etre plus que mes parents !

J’ai la chance que notre famille est toujours  harmonieux. Jamais d’embrouille entre nous. C’est importante. J’essai d’inculcer le meme avec mes enfants !

 

le passe ; stricte et ‘neccessitaire’.

le present ; lax et ‘jetable’ par comparaison !… c’etait aux annees 60 que l’industrie a basculer vers le ‘cheap’ plutot que ‘quality’, et au jourd’hui on est entourer par objects ‘jetable’ pendant le mot ‘durable’ est transformer en sens.

Le Future ; technologie sera Roi, automation partout, et databases qui fait rever les future dictateurs.

 

Politique;

Anarchist de base. Ni Dieu, Ni Maitre. Ca reste mon slogan preferer. Tout est dit avec 4 mots.

Je ne suis pas pour le chaos complete, juste un reduction enorme de l’etat et institutions comme l’EU, et je suis pour le freedom individuel

Plus qu’il y a ‘big gov’, plus qu’il y a inefficacite, fraud, les frais flambe etc, et au meme temps moins qu’il y a autonomy locale. Je crois forte que c’est les gens locale qui sont mieux placer pour gerer leur locale [un peu comme le model suisse]. 

A l’enverse le plus grande l’etat, le pire qu’il servi les diverse besoins de son pays.

Aussi, un etat petit n’a pas le meme importance qu’un grand, donc ce culte de celeb au tour des homme pol va evaporer… c’est un grande problem de pol a ce moment, le politician celebre. Fuck that. Ca reduit la vrai politique jusqua un concours de personality entre guigniols.

Un etat ‘petit’ n’aura pas ce problem et peut avancer pour ces peuples plutot que la situation d’aujoud’hui ou les pols avance pour les multinationals et eux-meme.

Aussi, un bon anarchist est actif pour changer son monde vers le mieux. D’engager des gens en discours, et etre acteur actif dans la vie. Pas de role de mutton, plutot reveiller des muttons !

En terme d’humainty, ni dieux ni maitre est un tres bon base qui equilibre le jeux human entre nous. Ca casse les barrieres imaginaire au tour de ces egos,conneries,power,etc entre ‘eux’ et ‘nous’.

Cheers

Alex

« 

 

Et enfin nous parlions d’actualité explosive en début d’article, alors la voici la réelle raison de cet entretien…:

« 

  • 1 ; Current studio recording projects ;

Double album Little Limmie and the Bluebeat [22 tracks R&B].

Mastering work for  livesets [teasdub & others], and bands for vinyl release & on-line uploads.

Remixing tracks for other labels [le son etrange & others]

My own tracks for Radio Bomb release [project with Abraxxxas, etc], and other labels too [latest ; a track on 23H23 2×12″ EP, Toolbox]

 

  • 2 ; Radio Bomb Records ; The last album, ‘Pick & Mix’ as released on a 8Gb USB-stick. 20 tracks from 80-220 bpm. Any tracks can be cut to vinyl dubplate on commande.

We also released a second 8Gb USB-stick as a mixtape compilation with over 55hrs of radioshows, podcasts, and live recordings from the gigs direct. The content spans from ’94 to today !

Vinyl dubplates cut to order of any RB back-cat 😉

For Merchandising we have T’shirts, sweatshirts, and some back-cat CD’s & Dvd’s as well as bespoke dubplates.

 

  • 3 ; Dj Radiobomb ; Now signed to electrobooking.com and adzbooking.com

current gigs usually on the facebook.com/radiobomb page.

Next gigs are marseille, rennes, paris, toulouse, strasbourg.

 

  • 4 ; useful links

soundcloud.com/radiobomb

facebook.com/radiobomb

mixcloud.com/radiobomb

hearthis.at/radiobomb

radiobombstudios.com

« 

FIN DE TRANSMISSION, PSHHHEUHHH BOUM !

VIZZ@NANCRAY

« Dans le Doubs, abstiens-toi ! » dit le vieil adage d’un sticker (de « Cab » le saônois de V’zoul pour l’ancienne asso Découvert Autorisé [promo musicale  comtoise pour le réseau Printemps de Bourges au début des années 2000 avant que le dit festival ne soit accolé au nom d’une banque, culturellement vôtre !]… Bref, un conseil que personne ne peut suivre…

C’est donc par la première journée de l’été indien, sur la route d’Ornans, que nous avons visité le Musée des maisons comtoises de Nancray… Une journée idéale pour profiter de ce patrimoine, un éco-musée à ciel ouvert, de toute beauté et d’intelligence. Maisons et fermes comtoises, in situ, jardins et troupeaux, sagesse paysanne  historique.

 

Permaculture, ameublement, architecture, paysages… Première image de Rougemont, dernière d’Ornans, Nancray est situé entre ces 2 points, et au cœur d’une logique de présentation réelle, concrète, des enseignements de nos aïeuls… Photos présentées ici en ordre aléatoire…

Jardins aromatiques, de teinturerie [tinctorial], ou encore jardins fonctionnels de plantes et légumes et fruits de tout acabit pour seul point commun leur utilisation raisonnée dans la nutrition, l’artisanat et la sagesse… jusqu’à l’exposition extérieure sur les vignes et les caves de la région.  Il y a aussi le respect animal dans la tradition comtoise, bœuf, cheval, poulailler, vaches à lait, cochons évidemment, chèvres…

 

plan du « musée »

 

Et ce même jour, à ce même endroit, nous avons découvert le travail réalisé par VIZZ, dans une interrogation du futur dans le passé si ce n’est l’inverse ! Décontenancés et heureux, nous en sortîmes indemnes ! Manquant le vernissage de peu, nous n’avons pris que la sagesse et la sérénité de cette panique annoncée.

 

Edouard HEYRAUD, alias VIZZ, propose donc un monde, de l’art plastique, de la sculpture dans un domaine futuriste, très en phase avec les questions que se posent sa propre génération perdue entre inspiration passéiste et préoccupations futuristes.

On y décèle minutie et soucis du détail, ce qu’il faut pour que l’objet que l’on retrouve sous nos yeux semble bien dater de notre monde à nous, celui dans lequel nous évoluons, onirique’ment ou pas… La référence à H.R. GIGER est évidente… et nous savons que son musée est situé non loin à proximité de Gruyères en Suisse.

Les trois précisions de VIZZ :

 
Edouard HEYRAUD
 

OKUMA Records ; techno sous serres..!

Cet article vous est proposé en partenariat avec un label musical : OKUMA Records. Il se propose de présenter celui-ci consacré à une certaine production de musique électronique et techno.

 

LUC OKUMA raconte :

J’ai découvert l’univers rave party en 2007, en Franche-Comté, à une soirée organisée par les Z’1fâmes. J’ai pris une claque à vrai dire, j’ai halluciné sur le fait de pouvoir rassembler  autant de monde pour écouter de la techno en pleine nature.

J’ai écouté pas mal de musiques électroniques avant de mettre les pieds là dedans. J’écoutais les vieux sons de Laurent Garnier, Manu Le Malin, Laurent Hô, Kraft, Aphex Twin, Chemical Brother, Jeff Mills etc… Mais là c’était vraiment différent.

J’ai continué à aller en soirée tout les week-ends après cette découverte, j’allais à toutes les soirées que je pouvais trouver.

Puis en 2010 – 2011 on monte un sound-system avec des potes de Besançon dont Renaud (Barbak), Tistou, Kandeu, Pic Pic etc…« Astral Ipy Tek ». C’était vraiment marrant cette époque, on était 2 sur 8 à avoir le permis, on louait à l’arrache un camion, on allait louer 40KW chez Tintin à Besançon, et on allait se poser. On a fait quelques chouettes soirées à l’époque, on s’en battait, on y allait !

C’est dans cette même période que j’ai commencé à produire de la techno. J’avais un style plutôt énervé à 220BPM… Un truc sale, glauque, mais ça me plaisait.

J’ai rencontré GRE dans cette même période, ça a changé pas mal de choses dans ma vie …Ah, ah, ah ! Il a commencé à m’emmener avec lui en soirées, et je me souviens particulièrement d’une soirée en Haute-Saône où j’ai pris une grosse claque musicale.

Les Dj’s mixaient des gros skeuds de Tribe, je comprenais pas grand chose avant tout ça. J’ai passé ma matinée et l’après-midi sans bouger du mur à découvrir…

J’ai compris que j’avais un attachement plus que particulier avec ce genre de son.
J’ai changé ma façon de produire, et j »étais vraiment obsédé par les ambiances psychédéliques qui se dégageaient de ces disques.

J’ai ensuite rejoint le crew des Z’1fâmes en 2013 avec qui on organise la « Back to The Woods ». Dans la même période, je m’installe en coloc’ avec Gre et Kandeu… Sacrée période, on produisait tout le temps, c’était nimp’! ^^ Du son dans chaque pièce de l’appart’, des machines de partout, le cerveau en ébullition H24 !

Gre voulait monter un label depuis un moment, il m’a proposé de le rejoindre pour monter tout ça. On a ensuite invité quelques potes pour le 1er disque et ainsi de suite…

Les inspirations de Luc…:

 

Quelques questions à Luc par Dàrio :

Dàrio : Fais-tu de grandes différences dans les classifications de musiques électroniques ?

 

Luc : Oui il y a des différences dans les styles de musique électronique, forcément. Après, la musique électronique découle du même « arbre » généalogique, les gens ont fait des expériences et des mélanges inattendus et cela a créé des nouveaux genres, et les recherches sont permanentes ! Cette musique est vraiment riche de ce point de vue là je trouve, en perpétuelle transformation, et c’est loin de s’arrêter ! C’est aussi le but de la Musique en générale, une recherche constante de nouvelles sonorités. Chaque personne apporte sa pierre à l’édifice ! Y’a pas de langage à proprement parler. On peut tous se l’approprier, la partager. Y’a pas une manière de faire de la musique.

Tu le vois encore sur les perf’ lives : y’a des gens qui cassent les codes et depuis les années 1940 avec Pierre Schaeffer pour la musique concrète et François Bayle, Pierre Henry (qui vient de décéder) qui ont propulsé ça dans les années 1970…

 

 

Dàrio : Qu’écoutes-tu quand il s’agit de rock ou de pop, du non électronique?

Luc : J’écoute pas mal de rock, type Noir Désir, Neil Young, The Doors, les Bérus… J’aime beaucoup la musique acoustique, la musique du monde, les mélanges inattendus qui t’envoient sur plusieurs univers. À vrai dire, j’écoute que très peu de Tribe chez moi. Beaucoup de musiques électroniques mais plus orientées Dub, Hip hop, Trip hop etc… J’ai pas envie de m’enfermer la tête dans la musique Techno non plus. Et pour produire c’est plutôt chouette, ça donne plusieurs idées. L’idée de mélanger les styles apporte (je trouve) un plus dans ta musique. Il faut être curieux de tout histoire de pas tourner en rond.

 

Dàrio : Enfin comment sélectionnes-tu les vinyles que tu produis ? Quelle est la part du côté humain chez OKUMA ? Discutes-tu beaucoup avec les artistes ? Privilégies-tu l’écoute en teuf ? En « studio » ? En gros, quel est ton rapport à la musique que tu produis ?

Luc : Alors en fait, je sélectionne pas de vinyles. C’est moi et Gre qui décidons de l’orientation musicale qu’on souhaite pour les disques. On sélectionne des « tracks » et ensuite on fait le disque. Avant de sélectionner un morceau j’ai besoin de discuter avec l’artiste. J’ai énormément envie d’être sur la même longueur d’onde que les artistes que je souhaite produire. J’ai pas envie de presser un artiste pour son nom, sa renommée. Si ça passe pas avec la personne, c’est pas la peine d’aller plus loin. Je passe beaucoup de temps (bénévolement) sur le label, et j’ai vraiment envie de construire une vraie relation avec un artiste. Je suis pas là pour faire du fric en pressant des artistes connus.

D’ailleurs sur les 4 disques OKUMA, t’as pas de « headliner », juste des mecs qui ont la même passion que nous et avec qui ça fuse bien en terme de relation humaine. Je pense que c’est un pari risqué, mais c’est très gratifiant de travailler comme ça. Et puis Toolbox est en rupture de stock de nos références, donc je pense que ça fonctionne quand même de choisir cette optique là.