Archives pour la catégorie Arts de scène

BASHUNG COMME UNE IMAGE…

Chose promise en 2015, suite à notre hommage à Alain Bashung, sa carrière chantée, hommage tardif comme tout média français, voici notre mot sur le comédien encore trop méconnu…

 

En effet, Alain Bashung est resté un homme discret tout du long d’une riche carrière, pourtant sous le feu des projecteurs comme le prouve sa biographie (sur RFI ou TV5Monde), il est pourtant ermite dans sa catégorie, ARTISTE PUDIQUE, artiste complet, « pas le genre qui se prend au sérieux »

 

Il existe aussi dans le cinéma & la télé notre Alain comme compositeur de musiques bien évidemment, puisque tout commence pour lui en 1981 avec « Nestor Burma, détective de choc » de Jean-Luc Miesch où Bashung est acteur et fournisseur de musique « SOS AMOR » au générique…., ceci il le réitèrera avec « Le cimetière des voitures » de 1983 de Fernando Arrabal (autre ami de RMI’z!).

Ces deux premières propositions illustrent vraiment ce que fut le cinéma et les téléfilms de la première époque mitterrandienne, un peu à l’image de la série « Téléchat » et de son (co-)auteur Roland Topor…! Un vaste fouillis, plutôt magma, intellectuel et bizarre mais cocasse… Une certaine idée franco-européenne dans les faits de la production…


FILMOGRAPHIE D’ALAIN BASHUNG  (par wikipedia):

 

 


Sélections de clips : [perso, préférences à ce travail plutôt qu’à celui de NwarDézir ou B. Cantat comédien dans ses clips]

 Sommes-nous

 Happe

(Clip réalisé avec les images du film « Un homme et une femme » de Claude Lelouch)

 Volutes

Ma petite entreprise

(attention « Crimée ») !!

LES MOTS BLEUS

(cinématographique justement pour cette reprise magique)


Étrangement, mais je soulignais faire partie, être, de ces médias, tardifs, dans l’hommage à l’homme, les images de Bashung, les images connues de Bashung, elles sont tardives, issues de lives et de plateaux télé sur la fin de sa vie, nous en ferons l’impasse dans cette revue….

A l’exception de « je suis un autiste compositeur » :

PLUS GROS PLAISIR à mater ce live @ Angers 1995… il y a 20 ans !

 Enfin terminons avec 2 extraits de films & un écho:

1994

Ma soeur chinoise

Robert Chantegris

 (archive jt 94 référence à Antonin Artaud…)

1986

Le Beauf

Lui-même

(1986 extrait !)

Et mon coup de coeur d’ado : (felix et lola)

(trailer russe, film avec C. Gainsbourg, P. Torreton et A. Bashung de Patrice Leconte)

VOILA JOYEUX PASSAGE à l’image à chacun….

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Hommage @ PARIS PANAME 2015…

CECI EST UN HOMMAGE à PANAME, la ville de la Commune, CECI EST UN HOMMAGE à PARIS, une vision anarchique, photographique, culturelle et musicale….

Chacun sait et connait les tragédies que notre capitale de France a connu depuis janvier jusqu’au vendredi 13 novembre dernier… Jamais Paname n’avait connu telle humiliation et gravité dans un laps de temps si restreint depuis 1940.

[PETITE revue de presse et photo de la devise parisienne remobilisée dans la rue et les médias…]

RMI’z se voulait de rendre hommage à la capitale de la diversité, de la jeunesse, de la lumière… par une série par centaines de photographies urbaines de Paris et ses banlieues, (ses faubourgs comme on dit !) de 2004 à 2015… par Màxim Pozor…

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Cet hommage est bel et bien photographique, comme le périple ou l’assaut d’un provincial à Paris, comme des millions de français ou parisiens…
Des épisodes, des visions, un hommage anarchique et graphique, un hommage à l’Histoire de la ville, à sa jeunesse qui fronde et sort de bon cœur…

L’hommage est culturel, patrimonial, humain, urbain ; enchevêtrements d’âmes-sons, chatouillements d’yeux et panorama parisien à go-go !

 


 

Retour en 2004, Versailles (exposition des relations Chine-France au XVIIIè), 13è & Batofar, mais aussi Montparnasse….

On poursuit en 2007, en juin, c’est assez aléatoire comme hommage, vision urbaine, du 7ème arrondissement cossu à la banlieue d’Arcueil en Val de Marne (94)… en passant par le cimetière de Passy face à la Tour Eiffel…, librairie, arts de rue….


 

 Toujours le Val de Marne, avec Marne la Vallée, Eurodisney, Hard Rock Café… et le futebol


 

PARIS intra-muros, essentiellement 10è & 20è arrondissements, toujours juin 2007…


 

PARIS intra-muros 17è & 18è, Montmartre et son cimetière, mais aussi Choisy-Le-Roi (94) & Chelles en Seine et Marne, toujours juin 2007…


 

Décembre 2007, aléatoire, flâneries de rues, esprit Bobo, créa en tout genre, du Marais à Montparnasse, quelques galeries, Paris tenu…


 

Petit Mix sonore musical 98 minutes par Màxim POzor
LONDON PARIS mai 2007…

 

Petit Mix sonore musical 47 minutes par Màxim POzor
LONDON PARIS mai 2007…

 

Petit Mix sonore musical 28 minutes par Màxim POzor
LONDON PARIS mai 2007…

 


  JAVA…Métro :

 TRIPTIK…PANAME :

 

 


MONTREUIL, septembre 2009, rues bien nommées, brocantes du centre et de quartier, et un antiquaire… Montreuil coloré… et locaux de Siné.


PARIS 17è & 18è & Plaine St-Denis… mai 2010, autour du pôle « mode et médias », anciens entrepôts de vêtements, studios musiques et télévisions, écoles audiovisuelles…  & la rue…


 

En vrac, octobre 2010, Babylon Joke au Batofar, quais de Seine, 13è et intra-muros…, Ourcq, 20è, métro…


 Dans notre fouillis de Paris, la ville crasse et lumineuse, des paradoxes en pluie, voici octobre-novembre 2010… il y a de tout, des sorties au Nouveau Casino (dont une soirée avec Kaly Live Dub, du métro, de l’intra-muros, du Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), du tram, Porte de Saint-Cloud un petit hommage au photographe tchèque Saudek, la salle Le Zèbre à Belleville, ou le Piano Vache, les groupes Yules, B-Roy et sa bande, Rodolphe Raffali la peintre Alex T….

Toujours du vrac et en ordre aléatoire pour cette galerie, février-mars 2011, Boulogne-Billancourt (92), Paris Intra-métro, La Villa Mais d’Ici (Aubervilliers)…. et l’Essonne (Palaiseau), toujours le pôle magnétique sur Seine que constitue le Batofar (13è)…ou encore le stade de Charléty pour quelque partie de rugby (Stade Français – USAP)… Paris, agglomération tant de sorties musicales que sportives..!


Avril-Mai 2012, entre deux tours de présidentielles, deuxième ou premier dimanche… quartier Bastille, La Scène Bastille, Tom Moretti & Zaki Groove… avant un départ humanitaire pour l’Afrique...


Juin – Juillet 2013

L’année de la braise..!

De La Main d’Or (Passage dans le 11è), du tableau d’un squat en très proche banlieue parisienne, de l’aéroport de Roissy, de l’ouverture de La Défense Jazz Festival 2013 (29 juin Ibrahim Maalouf + Salif Keita [qui fit trembler les immeubles des grandes entreprises dont les pétroliers basés sur le parvis et la dalle du coin !]…), du centre commercial La Défense « 4 temps », d’une ballade sur les quais d’Ourcq, et d’une journée associative à Montreuil 30/06/13 (Les fameux « murs à pêches »…!)

 


 Décembre 2013

Vinyles’design, Place de la République & Main d’Or style…


 

Avril 2014

Belle lumière & sale ambiance !
Jeux de guerre, spectacles, fêtes étudiante russophone, Olivier Sauton, Norig Aux Petits Joueurs, Chelles en Seine-Et-Marne, Exposition Kurt Cobain (20 ans après sa mort) dans un Paris huppé, le boulodrome du XVè…

 


Juin 2014

Autour du solstice d’été 2014… du 21 juin, VIIè arrondissement, l’Ukraine, l’Algérie, le Mexique à Paname, la coupe du monde de football 2014, l’Opéra Garnier, Abbesses, Olivier Sauton, Place Vendôme ou encore le salon Emmaüs « too much » Porte de Versailles…


 

 Novembre 2014

D’abord deux vues de l’Opéra Garnier (vers la Place Vendôme), puis quelques vues du 13ème arrondissement, à l’occasion de l’exposition du comtois Rubbish à la galerie Mathgoth, aux abords de la BNF, l’occasion de redécouvrir un quartier rénové, (dont les anciens abattoirs) si proche du Batofar sur-fréquenté par le photographe, ainsi que de Bastille et  des spectacles parisiens…


 

à suivre…

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Abraxxxas, l’interview.

Découvert depuis peu par l’entremise d’un ami, mentor en matière de hiphop, je vais ici, laisser la parole à Abraxxxas, MC de talent et auteur de quelques écrits aussi divers que variés. Dépeignant cette société en perdition dans laquelle nous essayons tous de maintenir la tête hors de l’eau, ces textes sont lucides et incisifs, tout ça sans jamais donner de leçon, simplement en rappelant quelques valeurs essentielles et ça à RMIz, on aime…

Ecoutez plutôt :

RETROUVEZ EN EXCLU SUR BANDCAMP LA SELECTION DES TITRES d’ABRAXXXAS :
Ici en lien GOODBYE

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Bonjour Abraxxxas, et merci de répondre aux questions de RMIz.

 Auteur, interprète, écrivain, on a tout de suite envie de dire multicarte, mais toi, comment te définirais-tu ?

Se définir, voilà un exercice délicat où si tu te manques tu passes soit pour un prétentieux, soit pour un autiste. On va la faire simple, je suis juste un type qui accorde beaucoup d’importance à la création, qui aime les mots, la musique, la photo, le cinéma, en gros la culture. Si je ne crée pas, je ne me sens pas vivant, et parfois, ça pose problème.

 Qu’est-ce qui a fait qu’un jour, tu as décidé de t’exprimer ?

Dur à dire. La vie tout simplement. J’ai grandi dans un environnement hyper-urbain, dans deux tours de banlieue parisienne, et le fait de se mettre au rap est venu naturellement car c’était la musique qui nous touchait. Au delà du rap, m’exprimer me permet de vider le trop plein, d’éviter de déborder et de partir en vrille. Rien ne me fait plus peur qu’une société où l’on ne peut s’exprimer librement.

Le hip-hop, dernière mouvance revendicative ?

À une époque je t’aurais sans doute dis oui, mais aujourd’hui, je dirais clairement non. Le rap a beaucoup perdu de ce coté revendicatif, de nos jours parmi les rappeurs c’est presque une tare d’être conscient ou militant, tu passes pour un type chiant, un boulet. Bien sûr il y a des exceptions, mais la règle c’est l’égotrip, la technique lyricale, le swag à la con…Le rap est devenu un courant musical comme un autre, comme le rock, il a perdu un peu de son âme revendicative en se démocratisant. Après, je tiens à préciser que je ne me considère aucunement comme un rappeur engagé, ma musique est tout sauf militante, elle se contente d’être réaliste.

Fort d’un succès via les réseaux sociaux, qu’est-ce qu’il te manquerait pour être plus visible, si toutefois cela était ton souhait ?

Faut relativiser un brin, j’ai pas du tout de succès via les réseaux sociaux. J’y suis une goutte d’eau, vraiment. J’ai des gens qui me suivent oui, qui me soutiennent, mais en comparaison à beaucoup de confrères, je suis petit. Sinon pour la visibilité, de nos jours elle est hélas intimement liée au budget que tu es prêt à mettre dedans, avoir un agent, une équipe qui bosse pour te placer….

En quelques mots, présente-nous Monsieur Mort.

Mr Mort, c’est en même temps un personnage de fiction que j’ai crée et en même temps une partie de moi. Hormis les meurtres, beaucoup de choses sont autobiographiques dans ces épisodes. Notamment les pensées de Mr Mort, même si elles sont un tantinet romancées, et bien, ce sont mes pensées à moi : Gabriel Saule. En fait quand je commence l’écriture d’un épisode de Mr Mort, c’est que je me fais une montée de haine, de nerfs. À chaque fois que j’ai commencé à écrire un épisode, c’est que mon sac était trop plein et qu’il fallait que je le vide. C’est réellement un processus exutoire et salutaire.arbre

UN AUTRE LIEN sur LE BLOG de nos AMIS d’UNFAMOUS

Où prends-tu le plus de plaisir, en composant des morceaux de hip-hop, ou en écrivant des trucs plus consistants comme  » Guignol ou la Vie d’Arthur Bracquet  » et « Grue », deux romans que tu as publié ?

Ce ne sont pas du tout les mêmes plaisirs, ni les mêmes motivations. Là encore bien souvent l’écriture de chansons découle d’un besoin impérieux de se vider la tête et les tripes, de poser des pensées. C’est bien souvent compulsif, et vite expédié, car j’écris mes chansons très rapidement, quand l’inspi est là, elle l’est belle et bien. L’écriture d’histoire fictionnelle, c’est un autre délire, qui s’étale sur la longueur, qui se réfléchit encore plus qu’un « lyrics » de rap, et même si ce dernier aborde un thème sérieux. « Lone Creek » le roman que j’écris actuellement demande plus de concentration, de temps et de recherches que le prochain album « Sirènes », dont les chansons ont été écrites en moins de trois mois. Je peux écrire une chanson à peu prés n’importe où, en mode tout terrain, mais l’écriture d’un livre, en ce qui me concerne en tout cas, me demande plus d’isolement, de tranquillité, de disponibilité d’esprit. Toujours est-il que niveau plaisir, les deux sont jouissifs, voir un écrit prendre forme, trouver des tournures élégantes ou percutantes, tout ça est très jouissif.

L’autoédition est un choix ou elle s’est imposée à toi à cause de la frilosité bien connue des éditeurs « classiques  » ?

Je vais être franc, l’autoédition est un choix qui découle de quelques refus. Non, je n’ai pas envoyé mes manuscrits à tous les éditeurs de France et de Navarre, mais je l’ai envoyé aux plus gros d’entre eux, aux poids lourds, mon coté ambitieux sans doute, héhé!! Face à cette petite dizaine de refus, je me voyais mal continuer à me prendre des portes fermées dans la tronche, et de payer avec mes petits deniers de prolo les frais postaux, juste pour me faire jeter en l’air. Et étant aguerri à l’autoproduction avec ma musique, et bien le choix s’est fait naturellement de m’en occuper tout seul, de ne pas attendre qu’un type dans un bureau décide que je vaux le coup d’être imprimé et lu par des gens. C’est quand même un des avantages de notre époque, nous avons tous les outils et services à disposition. Aujourd’hui un artiste, qu’il soit musicien, écrivain, dessinateur de bd, et qui se plaint de ne pas arriver à concrétiser un projet, à mes yeux n’a pas d’excuses. La philosophie du ‘Do It Yourself’ est bien implantée, techniquement elle est facilement applicable à l’ère du ‘crowdfunding’, du logiciel en licence libre ou même cracké, du homestudio et j’en passe… Mais pour revenir à ta question, est-ce un choix, oui et non, dans le sens où je ne refuserais pas un contrat dans une bonne maison d’édition, un partenariat qui me tranquilliserait sur l’avenir, qui me permettrait de me consacrer uniquement à la création, l’écriture, la mise en place de projets, à ne pas perdre de temps à préparer des petits déjeuners dans un hôtel en gros…

As-tu des projets, en solo, ou avec Unfamous Resistenza ?

Oui pas mal de projets, le premier étant la parution de la compilation « Un Pavé dans l’Asphalte 2 » avec le collectif Unfamous Resistenza. Toujours en téléchargement gratos, ça sort le 15 septembre et c’est toujours de la culture éclectique, engagée, subversive, mais pas que, un beau panel de musique, 133 artistes à découvrir. Niveau personnel, j’ai l’album « Sirènes » sur le feu, qui sortira en double vinyle et en CD. Ça reste à fignoler, à enregistrer, mixer, masteriser, mais avant tout à financer. Pour ce faire, je vais lancer d’ici peu une campagne de financement participatif, afin que les auditeurs puissent précommander leurs exemplaires, précos qui vont me permettre de fabriquer les galettes. J’ai aussi le roman « Lone Creek »  à terminer, je pense que ça se fera cet hiver au coin du poêle à bois. J’en ai quelques autres aussi en tête, mais il est encore trop tôt pour en parler.

 Quels thèmes aborderas-tu dans ton prochain album, « Sirènes »?

Pas envie de trop en dévoiler sur cet album, histoire de garder l’effet de surprise. Il sera empreint d’une certaine misanthropie, décrira des modes de pensées qu’il faudrait modifier pour avancer. Ce sera un album très humain, qui parlera des tentations, d’où son nom de « Sirènes », mais qui évoquera aussi la sauvegarde de l’environnement au sens large….un disque personnel qui sera la synthèse de ce que j’ai vécu ces dernières années

Des textes lucides et percutants, parfois désabusé, est-ce qu’Abraxxxas croit encore en l’être humain?

Oui et non. Ça dépend de mon humeur, il y a des jours où l’optimisme m’habite, et d’autres où le pessimisme est de rigueur. Notre espèce est capable du meilleur comme du pire, mais j’ai l’impression qu’elle se concentre tout de même sur le pire. Il est clairement plus facile de faire le mal que le bien dans la vie, plus aisé de se laisser aller, de s’en foutre du futur, de ce qu’on laisse aux prochains, en se disant qu’on ne sera pas là de toute façon. À mon sens l’humain s’est un peu perdu, il s’est entouré de choses matérielles pas forcément indispensables à son bien être à la base, mais qui le sont devenues par habitude. On s’est fait bercer par les sirènes du grand capital, on a fait passer les doctrines économiques devant les priorités écologiques, le bonheur est presque devenu une marchandise en un sens. Les besoins vitaux en 2015 en occident, ce ne sont plus juste la nourriture et le toit au dessus de la tête, le superflu est vital pour certain. À coté de ça j’ai tout de même envie de croire en l’humain, en un changement des mentalités, parce que si j’arrête d’y croire, autant tout arrêter direct.

Une « Sombre débandade », en quelque sorte:

a3950715725_16ENFIN UN LIEN, toujours vers BandCamp, pour le titre SOMBRE DÉBANDADE… Musique & Paroles

Tu as décidé de quitter la ville pour t’installer dans un coin plus vert et tranquille, que t’as apporté ce changement d’environnement?

Oui j’ai quitté la ville il y a de ça trois ans maintenant, et ça m’a fait le plus grand bien. Déjà à mes poumons qui respirent un bien meilleur air, mais aussi à mon esprit, plus zen, moins pressé. J’ai choisi une région, l’Ariège, où il est possible de mettre en place un mode de vie alternative, où la conscience collective penche vers l’ultra gauche, l’autonomie, le local. Se rapprocher de la nature ne peut faire de mal à personne, s’extraire de la matrice, du tumulte qui sert de diversion, se retrouver face à soi, se poser les bonnes questions, prendre la solitude comme un levier créatif. Vivre à la campagne permet aussi de se rendre compte que la vie n’est clairement pas une course, que sorti des mégalopoles galopantes, et bien le temps passe plus lentement.

 Pour finir, je te propose un portrait mongol ou chinois, si tu préfères, si tu étais :

-une figure historique ?

-un poète ?

-un paysage ?

-une boisson alcoolisée ?

-une paire de chaussures ?

-une qualité humaine ?

Une figure historique: il est encore vivant, mais fera à coup sur partie de l’histoire un jour, je serais Paul Watson.

Un poète : je serais plus un écrivain, un Herman Hesse ou un Stephen King.

Un paysage : une aurore boréale au dessus de la banquise.

Une boisson alcoolisée : du Bayley’s, qui s’boit comme du sirop mais qui te pètes bien la gueule en scred!!

Une paire de chaussure : une tong de randonnée

Une qualité humaine : la persévérance.

La persévérance, voilà un mot qui résume bien le personnage, encore merci pour la sincérité et la disponibilité Gab, et, chers amis Mongols, j’espère vous avoir donné l’envie de vous pencher sur ses romans ou ses morceaux dont les liens respectifs vont clore cet article, et aussi, n’hésitez pas à donner un coup de pouce financier à l’artiste, via le financement participatif, lancement prévu à la mi septembre. RMIz, bien sûr, vous en reparlera…

La page FB du roman « Grue ou rage de dents ».

Celle de « Guignol ou la vie d’Arthur Bracquet ».

EN LIEN SUR LES IMAGES DE COUVERTURE

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Seasick Steve: la dèche, le blues et le reste.

Seasick Steve, littéralement « Steve Mal de Mer », on dirait un surnom de pirate, ou encore l’un de ces sobriquets que se donnaient les biffins américains, à la grande époque entre salves de mitrailleuses et virées au bordel.

Chers Mongols, laissez-moi vous présenter Steve Gene Wold. Du haut de ses 74 ans, caché derrière une barbe grise de trois ans, et sous une indéboulonnable casquette « John Deere », quand il entre sur scène, une bouteille de vin rouge à la main, on sait qu’on va pas écouter du Kanye West.

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Faiseur de blues depuis depuis les années 60, ce fils de pianiste de Boogie-Woogie ayant quitté le foyer familial à 13 ans, peut s’enorgueillir d’avoir côtoyé  et travaillé avec les plus grands, à savoir John Lee Hooker, Janis Joplin ou encore plus tard, Kurt Cobain. Ce contentant simplement de ces collaborations diverses, Steve Gene Wold poursuit une carrière loin des codes habituels. Antistar complète, il partage sa vie entre le blues et les voyages, notamment en Europe, et plus particulièrement en Norvège. Et c’est en Norvège qu’un ami lui donna le surnom de Seasick, constatant l’incapacité de Steve à monter sur un bateau sans être malade, et qu’il rencontr

a sa femme, avec qui il aura cinq fils.

De retour aux Etats-Unis, dans les années 90, il fonde à Seattle son propre studio d’enregistrement, ce qui lui permet de rencontrer des artistes de la mouvance rock et grunge en place, et donc Kurt Cobain.

« En grandissant, mes enfants avaient moins besoin de moi, alors je me suis dit que je pouvais peut-être composer un album… »

images3O1D3ZQ7Bim! 2004, sortie de « Cheap », en collaboration avec le groupe suédois The Level Devils. Cet album est une bouteille de bourbon vide, jetée dans la mare dormante qu’étaient devenus tout ces sons américains, le blues, la folk, et le boogie… Avec des morceaux comme « Rockin’ Chair » ou « Hobo Blues », Seasick Steve ne dépoussière pas un genre musical, puisque qu’il en a été témoin et acteur, non, il en est le rapporteur.  Ce gars en salopette tachée et tee-shirt troué nous laisse l’impression d’avoir fait une sieste de 40 ans et qu’il se réveille aujourd’hui, en produisant un son, non sans influence, mais sans reverb’ à la con, synthétiseur, ou autres fioritures qu’on penserait indispensables pour faire aimer un vieux son à la jeunesse. Non,  pour lui :

« Le blues, c’est bon quand c’est sale ».

S’en suit une série d’albums dans le même ton,  sept au total, de quoi ravir toutes les oreilles friandes de ce qui se fait de plus authentique, et s’il vous plaît, servit par un artiste qui respire encore!

Fabriquant lui même ses guitares, il s’amuse à chaque concert à expliquer de quoi telle ou telle guitare est faite, tantôt un filtre à air de voiture, tantôt un bidon d’essence, ou encore une planche à laver, fortement mise en valeur dans ce morceau:

Bref, le gars en impose, et s’il vous prend l’envie de vous décrasser les étiquettes avec des watts et du son pur jus, prenez donc un morceau de ce que l’Amérique a produit de meilleur ! A déguster sans modération.

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Théâtre Du Peuple 120 ans & un week-end !

Si vous aviez suivi le premier article consacré aux « Théâtre du Peuple et Théâtre du Jorat à l’épreuve du théâtre populaire » (par C. Rambaud), vous connaissez notre spécialiste Carole… Et c’eut été sans compter sur elle pour nous livrer en passionnée le récit sompteux d’un week-end sympa autour des 120 ans du théâtre implanté à Bussang dans les Vosges…

Carole (Professeure certifiéé en Lettres modernes)  travaille sur l’oeuvre de Maurice Pottecher dans le cadre de sa thèse (doctorante en Littérature française et comparée),et nous avoue que pour ce reportage : « j’ai laissé ma casquette de chercheuse objective pour me laisser porter par l’esprit du lieu »..!

 

Place à la fraicheur du reportage..!

Le Théâtre du Peuple sous le soleil, vendredi 24 juillet 2015.

Le Théâtre du Peuple sous le soleil, vendredi 24 juillet 2015.

À l’occasion de l’anniversaire du Théâtre du Peuple, fondé à Bussang il y a 120 ans par Maurice Pottecher, un week-end spécial consacré au créateur et à son œuvre s’est déroulé dans le village vosgien les 24, 25 et 26 juillet derniers.

 

Conférences ensoleillées et refroidissement inquiet

            Cet événement fut inauguré par l’intervention en plein air des deux universitaires Marion Denizot et Bénédicte Boisson. Elles ont présenté leur dernier ouvrage[1], écrit à quatre mains, portant sur les 120 années d’histoire du Théâtre du Peuple. Spécialistes du théâtre ainsi que de la problématique du populaire dans l’art littéraire, elles ont su décrypter savamment et agréablement les enjeux esthétiques, pratiques et idéels de ce théâtre si particulier devant un public de fidèles du Théâtre, certes curieux de l’analyse des deux chercheuses, mais aussi attentif et exigeant. Les tensions spécifiques du lieu ont été traitées avec un sens du paradoxe particulièrement vivifiant, donnant à constater la pleine mesure de l’ampleur du projet de Pottecher et de son héritage toujours vivace.

            Pierre Bortolussi, architecte en chef des Monuments Historique a ensuite proposé une présentation historique de l’architecture du théâtre. En dépit des formulations parfois techniques de l’architecte, l’assemblée du public a pu retenir la gageure que représente l’entretien d’un tel bâtiment. Fait de bois de sapin, tendre et fragile, la solidité de l’ensemble doit être surveillée et entretenue dans le respect d’une architecture pensée par le fondateur Pottecher. Consolider et pérenniser sans défigurer, tel est le défi que relève régulièrement Pierre Bortolussi et ses équipes. Classé monument historique en 1976 parce qu’il constitue un lieu de mémoire, parce qu’il est le fruit d’une pensée originelle, le Théâtre de Bussang est donc traité avec tous les égards, a assuré l’architecte, qui n’a pourtant pas pu cacher son inquiétude face aux dégâts que provoquerait un hypothétique incendie dans ce grand vaisseau de bois plus que centenaire. Ce dernier point, abordé pour évoquer les normes particulières auxquelles est soumis le bâtiment, n’a pas manqué de refroidir l’atmosphère (pourtant chaude) qui régnait sur le parc du Théâtre, clôturant étrangement cette première journée.


« Renaissance et destinée du théâtre populaire »

Lecture de La Passion de Jeanne d'Arc , avec le fond de scène ouvert.
Lecture de La Passion de Jeanne d’Arc, avec le fond de scène ouvert.

            Le cycle des interventions a continué le samedi, avec notamment deux heures de lectures vivantes des grandes œuvres de Maurice Pottecher par des comédiens amateurs, dirigés par les anciens directeurs du Théâtre. Leur actuel successeur, Vincent Goethals, s’est lui aussi prêté au jeu, en proposant un extrait du premier acte du Château de Hans, dans une lecture-mise en scène chorale tout à fait en résonnance avec la musicalité du texte. Il y avait une émotion palpable dans la grande salle du théâtre traversée par les frais courants d’airs d’une pluie vosgienne. Entendre, pour la première fois depuis longtemps, résonner les voix des personnages de Pottecher, réduits habituellement à la clameur silencieuse du papier, a permis pour beaucoup d’expérimenter à quel point les pièces de Pottecher, malgré une certaine surannation, peuvent encore enthousiasmer et toucher le public.

Les directeurs successifs du Théâtre du Peuple : de g. à d. : T. Egervari, J.-C. Berruti, Ph. Berling, V. Goethals, F. Rancillac, P.-E. Heymann et P. Diependaële
Les directeurs successifs du Théâtre du Peuple : de g. à d. : T. Egervari, J.-C. Berruti, Ph. Berling, V. Goethals, F. Rancillac, P.-E. Heymann et P. Diependaële

            Le frisson, lui, était le maître-mot du dimanche qui offrait de clore ce week-end par un colloque traitant de l’impact de la participation d’acteurs amateurs dans une création professionnelle. Les directeurs ont, chacun à leur tour, évoqué leurs expériences et souvenirs relatifs à cette question : Tibor Egervari, Jean-Claude Berruti, Philippe Berling, Vincent Goethals, François Rancillac, Pierre-Etienne Heymann et Pierre Diependaële ont offert une conversation de haute volée. Répondant avec beaucoup d’intelligence aux travers d’un tel questionnement, aucun d’entre eux ne s’est jamais départi d’une certaine tendresse assumée pour le lieu et les souvenirs qui s’y rattachent, faisant soudainement apparaître le Théâtre non seulement comme lieu de création et d’émulation, mais aussi comme un foyer, comme une « maison », tel que l’a formulé Pierre Diependaële. La place de l’amateurisme à Bussang est grande : pour chaque création annuelle, environ 2/3 des acteurs sur scène sont des amateurs. Mais loin de d’exacerber des concurrences, des tensions provoquées par une guerre des statuts attisée semble-t-il par le Ministère de la Culture, chaque directeur a souligné la richesse qui découlait de la rencontre entre les amateurs et les professionnels. Lorsque la question de la frontière entre les deux mondes a été abordée, Jean-Claude Berlutti a offert cette réponse : « Il faut être prudent sur cette question. Ce qui a changé notre pratique, c’est le choc d’un lieu qui a permis la rencontre entre des gens dont c’est le métier et d’autres qui font cela pour le plaisir, et il ne faut pas mélanger les deux. C’est important que chacun reste à sa place pour qu’une rencontre soit possible. » Pierre-Etienne Heymann a alors mis en garde contre l’utilisation uniquement économique des amateurs au détriment des professionnels. Vincent Goethals, actuel directeur, a rapidement souligné qu’à Bussang, ce trouble social n’avait pas cours, et qu’au contraire il en surgissait des performances chaleureuses et de qualité. « Ce mélange entre professionnel et amateur n’est plus possible qu’ici », a-t-il assené, non sans fierté. Le mot final fut confié à Jack Ralite[2], sage du conseil d’administration du Théâtre qui a conclu de façon tonitruante et rafraichissante. Avec une fougue intacte, Jack Ralite a défendu, véhément, la culture française et le théâtre, dans un contexte sociétal délicat : « Aujourd’hui, la liberté de création est menacée. Il y a une castration mentale en France et elle est due en partie parce qu’on isole le peuple de l’élite et l’élite du peuple. Nous sommes dans un tournant aujourd’hui aussi grand que celui de la Renaissance autrefois. Il faut rendre à nouveau le peuple populaire ! L’élite croit qu’elle sait, et parfois elle ne sait pas ; le peuple croit qu’il ne sait pas, et parfois il sait. Il est riche de connaissances en actes. Le chercheur, l’élite, doit écouter éperdument les connaissances en actes de celui qu’on appelle parfois « le barbare de la cité ». »

            Le public, frissonnant aussi bien d’émotion que par la fraîcheur de la salle, a applaudi chaleureusement ce cri fraternel qui venait de couronner un échange fort, rare et précieux, témoignage sincère de la vivacité toujours active de la devise du Théâtre de Pottecher, « Par l’Art, pour l’Humanité. »

[1] Boisson, Bénédicte, Denizot, Marion, Le Théâtre du Peuple de Bussang, 120 ans d’histoire, Actes Sud (30 €).
[2] Ancien journaliste à L’Humanité, ancien ministre (Santé puis Emploi dans les gouvernements de Pierre Mauroy) et ancien maire d’Aubervilliers (de 1984 à 2003), il est un homme de culture dans laquelle il s’investit toujours avec passion.

 

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